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Le Manoir de la GBF

 
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celeglin
Darth


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MessagePosté le: Mer 1 Mai - 01:24 (2013)    Sujet du message: Le Manoir de la GBF Répondre en citant

Un rideau de pluie tombait sans discontinuer sur Anthracite depuis la fin de la matinée.
Hormis quelques rares silhouettes qui longeaient les porches pour se protéger du déluge, les rues étaient totalement vides. Même l'atmosphère habituelle qui empestait la fumée et les relents d'odeurs soufrées semblaient s'être elles aussi abritées.

Dans ce désert d'humidité, où chaque grain de pluie s’abat avec une fureur dévastatrice pour éclater en une infinité de gouttelettes sur les pavés, les toits et les crânes des rares passants, une rue au centre d'Anthracite voyait venir en elle une étrange population hétéroclite.
Cette rue au dénivelé important aboutissait à son sommet sur une large demeure qui surplombait la ville.
Une herse bardée de piques encadré le bâtiment. Dans son immense portail de fer forgé était inscrit en lettres d'or l’acronyme secret:

G.B.F.


Si ce portail reste fermé quand le Soleil est haut dans le ciel, dès que les ombres s'allonges ses portes s'ouvrent vers l'intérieur, invitant le chaland à pénétrer son enceinte.
A peine a-t-on le temps d'apercevoir les ombres d'arbres taillés en formes géométriques régulières, que le porche s'ouvre à vous laissant deviner le lieu de stupre et de boissons renommé parmi les hommes et les femmes à la recherche d'une délicieuse décadence.
Les murs bardés d'un papier peint rouge aux imprimés fleuris accueillent le voyageur. Les tableaux aux scènes évocatrices reflètent les scènes que l'on peut s'attendre à voir dans les pièces les plus hautes du manoir.

Dans le living room, de nombreux sofas et fauteuils de cuir sont positionnés autour de tables basses. La salle empeste l'odeur du cigare. Des femmes et des hommes échangent des phrases avant de s'évanouir dans les pièces annexes.
Contre un des murs se trouve un bar servant des alcools raffinés, mais aussi pour les individus les moins fortunés, de la bière brassée. Enfoncés dans des fauteuils, certains clients boivent en discutant avec leurs camarades d'un soir en sirotant un verre de whiskey ambré.

Tout au fond du living room, une pinte à la main, le capuchon rabattu sur sa tête, un moine contemple le brasier incandescent dévorant d'immenses bûches dans une cheminée en marbre sculpté.

Edward Helcar se demandait si c'était le hasard qui l'avait emmené dans cet étrange lieu, ou bien que sa destiné l'avait porté à sa croisée des chemins.

Ah! Me voilà verni! Moi qui pensait redécouvrir la vie sans ce qu'elle comporte de dépravation, c'est sûr que venir en ville n'était pas l'idéal pour ça. Mais cette maudite pluie! Ca ne peut être qu'un signe du destin.
Sortant une montre à gousset des replis de sa bure, Edward marqua un temps d'hésitation avant de se lever et de se diriger vers un groupe silencieux, n'échangeant que quelques banalités entrecoupées de longues rasades du contenu de leurs verres.

" Mauvais temps hein? Ca semble empirer d'années en années..."

note hors RP: à présent que les bases sont donnés, vous êtes libres d'accomplir ce que vous désirez et de faire interagir nos personnages les uns avec les autres dans l'intégralité de la ville.
Mais rappelez vous qu'il est plus intéressant que les membres agissent les uns avec les autres que d'agir tout seul.
Un code couleur peut également permettre à faciliter les parties dialogues/introspections des parties descriptions.
A présent, à vous de jouer.

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MessagePosté le: Mer 1 Mai - 01:24 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Takamari
Lord


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MessagePosté le: Mer 1 Mai - 12:11 (2013)    Sujet du message: Le Manoir de la GBF Répondre en citant

La fête battait son plein dans le manoir de la GBF. Certains convives de la haute société s’enivraient d'alcool et d'autres produits pendant que d'autre se vautraient dans les canapés moelleux avec des filles de joies.

"L'église GéBéFienne... Quelle décadence... "

"Vous disiez ?"

"Rien... rien du tout..."

M. Richard venait d'entrer dans le manoir, accompagné de la vedette de son arène, le mystérieux K. Ce qu'il y vit lui laissa, comme souvent, un arrière goût de dégoût dans la bouche. Toute cette débauche lui rappelait les années où il était affilié de ce culte, où, sous un autre nom, il avait participé et fait l'apologie de ce genre de rassemblement. Mais c'était avant d'en partir, avant de s'en faire expulser... Une des meilleures choses qui ne lui soit jamais arrivé pensait t-il.

Néanmoins il était là, dans le Hall du manoir une fois encore. Mais ce n'était pas une soif de plaisirs et de chair qui l'avait emmené ici. Non, c'était une soif tout autre, une soif d'informations et d'affaires. En effet, lorsqu'il ouvrait ses portes au public, le manoir était le lieu idéal pour tirer des informations des gens de la haute, une fois ivre ces derniers devenaient de vrais moulin à parole. Et les autres personnes du même type que lui étaient de bons associés pour marchander et faire des affaires à la légalité douteuse. Et aujourd'hui il avait besoin de quelqu'un n'aillant pas peur de se salir les mains.

S'il était venu accompagné de K, c'est qu'il avait besoin de protection. Ses dernières relations avec le clergé GéBéFien étaient tendus, très tendus. Et il n'était pas impossible qu'un conflit éclate si jamais un adorateur aviné reconnaissait celui qu'il était il y a longtemps. De plus, K était habitué à passer ses soirées dans ce manoir, à boire et à passer la nuit en charmante compagnie. M. Richard ne lui en voulait pas, il profitait juste de la vie, ce n'était pas un dévot du culte.

Un bon nombre de personnes les reconnurent, le dirigeant de l'Arène et son champion étaient des sommités dans le milieu du combat. Ils durent échanger quelques banalités avec les convives du Manoir, mais rien qui ne sorte de l'ordinaire. M. Richard en profita même pour récolter quelques informations sur ce qui se tramait au conseil. Certes il avait des amis là bas, mais plusieurs sources d'informations sont mieux qu'une.

C'est alors, que riant à une blague mondaine, il aperçu ce qu'il était venu chercher. Un homme perdu au milieu de cette foule, buvant peu et semblant n'être là que pour éviter la pluie battante. Il avait un étrange aire de famille avec le défunt Celeglin, le seul des Cinq que M. Richard n'avait jamais haï, le seul des Cinq à qui il n'en voulait pas.
Il s'approcha du jeune inconnu, résolu à lui proposer un travail pour le moins incongru...
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Takamari
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MessagePosté le: Mer 1 Mai - 16:45 (2013)    Sujet du message: Le Manoir de la GBF Répondre en citant

M. Richard s'approcha de l'inconnu et s'assit à ses cotés, sirotant un verre de bourbon, ou tout du moins un alcool s'en approchant. Le jeune homme ne compris pas tout de suite, M. Richard pris la parole.

- Il m'arrive de venir ici, pas souvent, mais cela m'arrive. Et jamais je n'ai vu quelqu'un dans votre genre, vous semblez perdu. J'ai comme l'impression que vous ne savez pas vraiment où vous êtes... Ai je tord ?

- Ah! C'est vrai que j'ai quitté la ville depuis longtemps, et je n'ai pas encore repris mes marques. J'étais loin d'imaginer que je me retrouverai dans un endroit pareil. Et vous, que cherchez vous dans ce genre de lieux?

- Ce que je cherche, ce que je cherche... Pour le moment ça n'a pas vraiment d'importance, et puis nous ne nous ne sommes pas vraiment présenté. Est ce poli de débuter une conversation sans se présenter ? Non, ça ne l'est pas, et la faute et mienne.
Je me nomme Takamari Richard.

M. Richard saisi le main du jeune homme et entama un franche, mais ferme, poignée de main.

- Enchanté, je me nomme Edward Helcar, et je suis, j'étais prêtre de l'église GéBéFienne.

Marquant un temps d'arrêt, Edward repris

- C'est un peu pour ça que je suis revenu en ville, la voie que je suis depuis tant d'années ne me parait plus aussi droite qu’auparavant. Ça vous arrive à vous aussi de ne plus savoir dans quel sens vous avancez?


K s'approcha des deux hommes quant-il entendit qu' Edward était prêtre, M. Richard lui fit un signe de la main lui signifiant de ne pas approcher plus prêt. Le jeune homme ne remarqua rien.


- Rarement, très rarement...
Vous étiez prêtre alors ?! Vous ne l'êtes plus ?


- Oui tout à fait, j'ai consacré près de 15 ans de ma vie à chercher la libération des entraves du corps et de l'âme. J'ai porté ce message et ses valeurs auprès des ruraux. Mais maintenant, je crois bien que le corps ni l'esprit ne sont capables d'endurer autant de liberté. Nous sommes soumis aux lois de la Nature n'est ce pas? Regardez, si j'ai soif, je bois.

Et Edward porta à ses lèvres sa pinte encore pleine du liquide mousseux. Puis avec le revers de sa manche il s'essuya la bouche

- Mr Takamari, que faites vous pour gagner votre vie? Quelle vie menez vous?

- M. Richard, je préfère M. Richard.
J'aime votre façon de penser, nous ne sommes que des hommes et nous ne devons pas, nous ne pouvons pas, être plus.
Quant-à moi... Hmmm... Comment dire... Vous êtes nouveaux en ville, mais avez vous déjà entendu parler de l'Arène ?


- J'ai grandit dans cette ville Mr Ta... Mr Richard. Mais je l'ai quitté voilà dix ans. J'ai déjà assisté à des combats dans l'arène, il y a longtemps.

- Au temps pour moi. J'y ai été gladiateur, mais maintenant je commence à vieillir et depuis un certain temps j'y assiste le maître de lieux pour ce qui est de l'organisation. Rien de bien palpitant j'en ai peur. Beaucoup d'administratif.
Dites moi, ce n'est certes pas la première fois que vous venez en ville, vous y avez vécu, mais vous venez d'arriver. Je suppose qu'au niveau financier vous ne croulez pas sous l'or. Ai je tord ?


- J'ai reçu en héritage de quelques pièces, mais depuis que je suis venu, leur grande majorité s'est transformé en alcools divers. Et je ne connais plus personnes hors prêtrises pour me donner un coup de pouce.

Edward croisa les bras circonspect au fond de son fauteuil. Le nom de Takamari Richard, ne lui était pas inconnu, mais impossible de savoir pour quelles raisons.

- Ah l'argent... Un fléau n'est ce pas...
Toutefois il se trouve que j'ai peut être un travail à vous proposer. Un travail qui n'est pas sans risque, mais qui peut vous rapporter gros. Est ce que je continue ? Ou alors cela ne vous intéresse pas ?


- Comme je vous l'ai dit, je suis en période de transition, sans savoir vers quoi je me dirige. Peut être bien que vous êtes celui que je cherche.

- Edward vous me flattez, j’espère n'être qu’une passade, celui qui vous remettra en selle.
Enfin, comme je le disais, j'ai peut être un travail pour vous.
Il se trouve que mon employeur, le maître de l'Arène, est généreux et prête parfois d'importantes sommes d'argent. Généralement tout se passe bien, et l'argent revient dans ses poches avec les intérêts, un fonctionnement pour le moins normal.
Toutefois il arrive aussi que certains ne remboursent rien. Et c'est ce qui se passe en ce moment avec l'un de ses collaborateurs. Ce dernier, malgré plusieurs rappels, et quelques menaces, refuse toujours catégoriquement de nous donner l'argent qu'il nous doit. Et aux dernières nouvelles il envisagerait même de quitter la ville. J'ai besoin... Nous avons besoin que vous l'en empêchiez, et que vous récupériez, certainement par la force, je ne le vous cache pas, l'argent qu'il nous doit avec les intérêts. C'est vrai que c'est moralement discutable, et encore plus au niveau de la légalité.
Vous me suivez toujours ?


Edward resta silencieux un bon moment. Que pouvait-il bien répondre à cette offre? Certes il avait besoin d'un travail. Mais serait-il vraiment apte pour ce genre de tâche?

- Dites moi Mr Richard, votre ami au physique impressionnant ne serait pas mieux à même d'accomplir ce genre de travail? Je veux dire, je n'ai rien d'un colosse fait de muscle.

M. Richard fit un signe de la main à K, ce dernier s'approcha. Il était imposant, et masqué comme à son habitude.

- Edward, je vous présent K, le champion actuel de l'arène. K si tu veux bien te présenter !

- Qu'à cela ne tienne ! Je pourrais faire un catalogue de mes caractéristiques de pied en cap mais je serais capable d'y passer la journée. Je suis né loin de la cacophonie de ce capharnaüm et ai cabotiné à bonne cadence, souvent en plein cagnard, pour arriver jusqu'à cette ville. Amateur de calembours, de caresses et de cabrioles,  j'ai également de bonnes capacités en camouflage et en castagne et n'hésite pas à casser le caquet des capricieuses caricatures de combattants me cataloguant comme distraction de carnaval sans charisme et méritant la camisole, et qui finissent par se carapater en catastrophe sinon en catimini. Captivant n'est-ce pas?
Dans le cadre de notre escapade, je serai un câlin et calme camarade à la puissance d'une cavalerie près à contrecarrer les calculs des obstacles sur notre chemin, du cadet au plus cataclysmique cas. Je suis catégorique, vous n'aurez pas le cafard avec moi!


M Richard sourit et crut voir Edward faire de même.

- Très théâtrale n'est ce pas ? Tous les grands gladiateurs sont comme ça.
Bref, il est là pour se distraire et se détendre et aussi un peu pour veiller sur moi. Mais vous vous doutez bien Edward, que ce n'est pas le genre d'homme qu'on envoi pour ce genre de mission. Il a déjà beaucoup à faire à l'Arène. Le peuple l'adore, et on ne pourrait pas risquer de le perdre ailleurs que pendant un combat.
Même si ce boulot n'a rien de très dangereux, ne vous inquiétez pas.


- Et bien! En voilà un sacré gaillard ! Et si en plus il sait jongler et jouer de la musique, ça en ferait le parfait compagnon de voyage. Mais ça ne répond pas à ma question: Qu'aurai-je à apporter à cette escapade ? Un visage peut être ?

- Effectivement, c'est un visage dont nous avons besoin. Un visage, qui, pour dans le cas peu probable où vous échouez, n'aura aucun lien avec l'Arène et le maître. Mais comme je l'ai dit, notre endenté se croit plus malin que nous, il est à des années lumière de se douter que nous connaissons sa position et ses intentions. Rien ne va mal tourner.
Alors, acceptez vous ce travail ?


Edward répondit sans hésité un instant.


- Ma décision est prise, j'accepte votre offre. Je me languis déjà de l'air pur.

- De l'air pur ? Hummm... Il n'a pas encore quitté la ville. Il se trouve actuellement au port d'Anthracite et compte partir à bord du Cold Coal dans deux jours avec une cargaison d'Anthrax recouvrant d'une certaine façon ses dettes.
Ce que j'aimerais, c'est que vous le trouviez, que vous le neutralisiez et que vous vous arrangiez pour retarder le départ du bateau, mes hommes arriverons récupérer la cargaison.
Enfin, allez faire un tour à la taverne des Cinq Caravelles, notre ami endetté doit sûrement s'y trouver.


Sur ces mots, M. Richard se leva

- Au revoir Edward, j’espère que votre travail se passera bien, et j’espère vous revoir revenir faire affaire avec nous. Et n'oubliez pas que tout ce qui s'est passée et s'est dit dans ce manoir doit y rester.

Edward Helcar baissa la tête jusqu'à ce que son menton touche sa poitrine. Les bords de son capuchon dissimulés à présent ses yeux.

- Dans quel merdier je me suis bien foutu? murmura-t-il.

M. Richard s'en alla. Parlant d'abord avec d'autres convives du manoir, puis le quittant définitivement. K lui resta là toute la soirée, en gardant toujours un œil sur Edward.
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celeglin
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MessagePosté le: Lun 26 Aoû - 17:12 (2013)    Sujet du message: Le Manoir de la GBF Répondre en citant

Jour 5

Nos pas nous ramènent toujours où tout a commencé.
Les marches de l'escalier de Penrose sont traîtresses. Dissimulant pièges et embûches, elles sèment la confusion, et on ne s'aperçoit pas que l'on tourne en rond.
On a beau avancer, pour fuir ou parce que c'est notre choix d'aller dans cette direction, à force de trébucher, de se heurter aux murs, on revient au même endroit. Juste un peu plus vieux et un peu plus fatigué.
Le Manoir de la GBF, j'y ai mis les pieds pour la première voilà il n'y a que quelques jours.
Qu'étais-je alors ? Un pauvre hère comme il y en a des milliers la dehors. Marchant dans la crasse noirceur d'Anthracite, j'ai cru voir quelques lumières. Je m'y suis approché comme le sont ces fébriles bestioles attirées par la pâle incandescence d'une lanterne. Qu'est ce que j'attendais ? Non pas que je sois naïf, mais pour changer de vie, il me fallait bien tenter quelque chose de nouveau. J'ai cru qu'en faisant ce que le premier individu que je croiserai me dirait de faire ça me mettrait sur de bons rails.

J'ai tué un homme. Je n'ai pas de remords. Certaines choses doivent être faites, et il me semble que sa vie avait déjà atteint sa limite, peu importe ce que j'aurai fait. Puis alors que je voulais retourner voir mon commanditaire, je n'ai pas pu ne serait ce que l'entre apercevoir. J'ai longtemps patienté dans les rues sales autour de l'arène. Puis des hommes de la marré chaussée sont venus me voir et m'on "demandé" de quitter les lieux.

Alors que la nuit tombait, je suis retourné dans ce qui me sert de logement. Alors que je m'approchais de la rue de la greffe, de grands panaches de fumée noire ont soudainement rempli l'atmosphère. Parfois la fatalité est là pour vous rappeler que lorsque l'on croit que tout est au plus bas, c'est que vous pouvez tomber encore plus bas.
Les forces de l'ordre m'ont interrogé jusqu'à tard dans la nuit, me demandant de nombreuses informations à propos de ma situation actuelle. Comment étais-je arrivé dans cet appartement ? Quelle était ma situation à Anthracite? Qui étais l'ancien locataire des lieux et quelles relations entretenions nous ? Si j'avais des choses à cacher ou à déclarer ?
Beaucoup de mots pour pas grand chose.

Je suis retourné à la rue de la greffe. Tout y est calciné. J'ai croisé le concierge, le pauvre homme était en larmes, sa vie n'étant plus que cendre. Il m'a appris que le feu serait d'origine criminelle, un règlement de compte ou juste une dette non payée. J'ai essayer de trouver dans les ruines encore fumante des restes de ce qui m'appartenait, peine perdue. Il y a encore des brasiers qui couvent, je me suis fait une sale brûlure tout le long de mon bras gauche en voulant soulever une poutre qui barrait le passage.

Je me suis rendu à l'église, pour y chercher aide et soin. Là bas une soeur m'a accueillie et ne m'a accordé que quelques mots, pour me dire qu'elle ne pouvait rien faire et que je devrais me débrouiller tout seul. Elle m'a quand même recommander un docteur à proximité. Si c'est docteur le mot par lequel il désire être qualifié, c'est plutôt d'escroc que je préfère le traiter. Il a nettoyé ma brûlure à l'eau, a enroulé mon bras dans un linge qui n'a pas du être laver depuis la grande révolution et m'a pris pour ses services, ou ses sévices, cela reste à voir comment je vais guérir, 10 pièces d'or.

Je suis retourné une fois de plus, après avoir passé quelques heures dans une taverne pour me remettre de mes émotions et trouver un peu le sommeil, à la rue de la greffe. Cette fois ci tout semblait refroidit, mais déjà tout ce qu'Anthracite possède de plus racaille et de mendiants avait nettoyé les lieux.
J'ai erré quelques heures durant.
Puis le bruit des mécaniques de la gare m'a appelé à elle. Et comme tant d'autres miséreux j'ai passé une nuit dans les allées froides de cet immense bâtiment, parangon d'une civilisation qui se meurt mais n'en n'a pas conscience.

C'est plus sale que jamais, titubant sous les fièvres dues à ma brûlure, au manque de sommeil et peut être au coup de froid de la nuit passée que je me suis retrouvé devant les grilles en fer forgées du manoir de la GBF.
Si mes malheurs ont commencé là, autant boire le calice jusqu’à la lis. Je n'ai de quoi vivre plus que pour une dizaine de jours, c'est sûrement la dernière fois avant longtemps que je pourrais m'autoriser un tel lieux.

Heureusement quand même qu'ils ne sont pas trop regardant sur l'état de leurs consommateurs, tant que ceux ci ont de l'or, ça leur suffit. A moi aussi d'ailleurs, pour le moment.
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MessagePosté le: Dim 23 Fév - 16:45 (2014)    Sujet du message: Le Manoir de la GBF Répondre en citant

Jour 5, matin


Les plaisirs offerts par le manoir de la GBF sont nombreux. Et bien sûr ceux de la concupiscence en font partie. C’est dans une chambre chaude aux murs bien épais qu’Edward Helcar achevait une nuit bien remplie de stupre et d’alcool. Il était actuellement en train de finir son affaire avec une jolie brune aux yeux sombres. Cette femme de petites vertus était entre deux âges, mais en cette nuit de débauche, il n’avait plus les moyens de s’offrir des services de meilleure qualité.
Soudain la porte s’ouvrit sans un bruit. Un homme masqué fit son irruption.


“- Hé bien, ami Edward Helcar, vous me voyez bien surpris de voir que votre cavale vous a amené à finir parmi les catins d’Anthracite...”


Sursautant, Edward se retourna et bégaya tant par l’alcool qui coulait encore dans ses veines que par la surprise de se retrouver ainsi en posture délicate.


“- B-bah dis donc, maintenant vous jouez les voyeurs ? Le service de cette maison n’est pas g-génial. Qu’est-ce que vous voulez ?”


Il se leva et entreprit de se rhabiller tandis que K indiquait silencieusement à sa compagne d’une nuit de quitter la pièce, ce qu’elle fit discrètement, en vitesse et sans protester.


“- Le fait d’être complice de quelqu’un tel que Monsieur Richard offre quelques avantages dans cet endroit, voyez-vous. Je vous aurais bien laissé finir votre affaire avant de vous cueillir, mais je suis quelque peu pressé par le temps. J’ai eu une nuit des plus chargées, entre sabotages et obligations mondaines, et il ne reste plus qu’à m’occuper de faire disparaître quelqu’un sans faire d’émules… D’où ma présence ici.

- Quel malheureux vous allez encore faire disparaître?"



Dans un éclair de lucidité, Edward comprit :


"- C’est donc comme ça que Monsieur Richard remercie ses collaborateurs. Je m’attendais pas à mieux, remarquez. Mais vous comprenez que je n’ai guère envie de disparaître … définitivement.

- Hélas, ce n’est pas comme si je vous laissais le choix. Néanmoins, je dois vous avouer que notre connaissance commune a son jugement biaisé ces derniers temps. Avoir de l’influence amène des avantages comme des problèmes… Et je ne suis pas non plus du genre à tuer un pauvre hère dans votre genre juste parce qu’il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

- A la bonne heure ! Voilà qui devrait nous laisser quelques perspectives enrichissantes pour nous deux. Je comprendrais qu’il faille me faire discret, peut-être rejoindre le chahut du peuple à l’extérieur de la ville ? Me noyer parmi eux et peut-être attendre une heure plus propice pour vous rendre la pareille ?

- Même avec la meilleure volonté du monde, je vous prie de croire que vous seriez bien en peine de parvenir à vos fins. Mais passons. Il se peut bien que vous soyez chanceux, Edward Helcar. Cette nuit, au Grand Hôtel, j’ai eu l’occasion de rencontrer un original se faisant appeler Essex. Un genre de nobliau avec des velléités de voyage. L’homme a estimé que je pouvais être intéressé de faire partie de l’aventure. Je n’en ferai rien, toutefois, je pense qu’une occasion pareille représente une porte de sortie intéressante pour vous.”



L’homme masqué fouilla dans les plis de ses vêtements, en sortit la carte qu’Essex lui avait glissée ainsi qu’une petite bourse pleine et tendit le tout à Edward.


"- C’est bien joli de me proposer cette espèce d’aventure et je vois que je n’ai guère le choix de refuser. Mais vous n’auriez pas plus d’informations sur ce que vous attendez de moi ? Je ne suis pas sûr d’être votre homme si vous me demandez encore d'exécuter quelqu’un de sang froid.

- Mais je n’attends rien de vous, Edward Helcar, hormis que vous disparaissiez d’Anthracite. Je ne fais que vous offrir un nouveau destin, car votre destin à Anthracite risque de rencontrer sa fin dans les prochains jours. Regardez-vous, vous êtes blessé, dans un état lamentable, à vous vautrer dans la décadence comme si le reste n’avait plus d’importance. La cité aura raison de vous, et vous le savez. Je ne vous connais pas, Edward Helcar, mais ce que je sais, c’est qu’un coup de pouce peut permettre à quelqu’un au bord du gouffre d’accomplir quelque chose. Quelque part, je ne fais que rendre la pareille. Takamari Richard comprendra. Allez voir ce que le monde a à vous offrir, comprenez-le, et accomplissez quelque chose. Je pense qu’au fond vous êtes suffisamment intelligent pour vous en sortir, Edward Helcar.”



L’ancien prêtre de la GBF saisit la carte et la bourse que lui tendait l’homme de main de Takamari Richard. Il lut sur la carte “ La Voile Brigantine”.


“- Et bien il semble que ma fortune se doit de passer par la voie fluviale. Après tout pourquoi pas, si il me faut partir, au moins j’aurais un “toit” sur la tête, et puis bon il y a pire que le voyage en bateau. Quand et où dois-je rencontrer ce monsieur … comment s’appelle-t-il déjà ?

- Il s’agit d’Essex, de la famille Lauwrence William Knight. L’endroit leur appartient, donc je suppose qu’il doit y passer régulièrement. Vous n’avez qu’à rester un ou deux jours ici, le temps de vous refaire une santé. Je parlerai au tenancier du Manoir pour qu’il vous obtienne des vêtements et un docteur qui ne soit pas un charlatan. C’est peut-être un maquereau, mais il prend soin de ses ouailles, ne vous faites pas de soucis pour cet aspect-là. Vous n’aurez qu’à aller à la Voile Brigantine une fois en forme. Cela serait regrettable que vous restiez à quai à cause de votre air malade…

- C’est fort aimable à lui, à eux, enfin surtout à vous. Pour les vêtements, je pense que j’irais me fournir moi même, j’ai encore de quoi débourser dans une tenue propre et de passer chez le barbier. Pour le médecin par contre je suis preneur. J’irai si tôt ces objectifs remplis postuler auprès de cet Essex. Dois-je faire mention de votre recommandation ?

- Cela ne sera pas nécessaire, d’autant que même dans ce genre d’établissement calme, il est toujours des oreilles pour trainer. Il ne doit pas distribuer ses cartes à n'importe qui, donc ceci devrait suffire à vous prendre au sérieux. Bien, je vous prie de me pardonner, mais il est temps pour moi de vous quitter. Il se trouve que j’ai un train à prendre. Peut-être nous reverrons-nous, Edward Helcar, à Anthracite ou au-delà de l’horizon connu. N’oubliez pas de vous faire discret en attendant d’être à bord d’un vaisseau. Que le vent vous porte vers de meilleurs hospices.

- Gardez-vous bien des ennuis, et merci pour tout.”



L’homme masqué disparut de la pièce, laissant Edward avec ses pensées. La chambre qui une dizaine de minutes plus tôt lui était un nid chaud et douillet lui paraissait à présent obscure et froide. Quel avenir lui réserverait cet Essex ? Ce ne faisait pas partie de ses plans que de fuir la ville, mais après tout, c’était peut être l’occasion de découvrir qui il était vraiment. Et puis rien ne l'empêcherait de revenir suivre son plan d’origine si d’aventure cela se passait mal à la Voile Brigantine. Se cacher parmi la population ouvrière avait aussi ses perspectives, surtout avec les bruits qui couraient sur le mécontentement latent. Sur ces pensées, le futur aventurier se rendormit.

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