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Les Faubourgs

 
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Enitu
Les déménageurs de l'extrême


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MessagePosté le: Jeu 2 Mai - 18:17 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant



S'étalant dans la périphérie Sud d'Anthracite, les faubourgs sont en en partie constitués de corons. Lesquelles sont de petites maisons ouvrières à un étage, relativement étroites, sans hall et sans jardin à l'arrière. Leur briques jadis rouges se sont teintées peu à peu de noir si bien que les habitants eux-mêmes ont oublié quelle était leur couleur d'origine.

Mais encore faut-il qu'ils survivent assez longtemps pour constater le noircissement, car la vie étant très dure, peu de personnes dépassent la quarantaine. Et c'est donc au rythme des décès que les corons se vident et se remplissent. La main-d'oeuvre arrivante est hétéroclite dans sa composition. On compte des enfants d'ouvriers et de mineurs, des immigrants venus des campagnes, mais aussi, des dépravés et des orphelins venus de la ville.

Toutefois, le renouvellement étant un peu plus important que les décès, certains immeubles commencent à apparaître ci et là, remplaçant alors les modestes petites maisons d'ouvriers et de mineurs. Certains y voient-là un signe de progrès, mais pour les plus anciens, ce sont surtout des souvenirs de toute une vie qui s'en vont.

Pour autant, ce n'est pas cette tendance au changement qui modifie beaucoup la vie des habitants. Leurs journées, copies conformes de la précédente, se suivent telle une mécanique bien huilée. Les nuits sont extrêmement courtes pour ceux travaillant de jour et il en est de même pour les périodes de sommeil des ouvriers travaillant la nuit. De sorte qu'ils ont en tout et pour tout, 8 heures de sommeil pour 14 heures de travail, 2 heures étant au passage consacrées dans les repas et dans les moyens de transport.

A ce titre, les mineurs prennent les lignes de bus téléphérique, venant de la grande gare d'Anthracite et conduisant à la vallée de l'anthrax où se situent les mines, lieux de leur travail. Pour les ouvriers en revanche, les usines se situent à la bordure de la ville, de sorte qu'ils ne sont pas obligés de prendre un quelconque moyen de transport. La marche seule suffit.

Un jour par semaine selon leur choix, les ouvriers et les mineurs ont le droit à un jour de repos. Certains restent chez eux, mais d'autres en revanche s'aventurent en ville pour quelques affaires. Parmi celles qui reviennent le plus souvent, on peut citer l'Arène et le Casino, où l'espace d'un jour les plus démunis se prennent à rêver en tentant leur chance. Et quand ils préfèrent se recueillir, ce sont d'autres endroits endroits qu'ils privilégient, comme le quartier de l'Eglise GBfienne et le Manoir de la GBF.

Mais attention toutefois, ils ne peuvent pas trop s'attarder car le lendemain, ils le savent, une dure journée de travail les attend !


note : Les Faubourgs ne contiennent pas que des ouvriers et des mineurs, mais ces derniers constituent la population majoritaire.


Dernière édition par Enitu le Ven 24 Mai - 02:14 (2013); édité 2 fois
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MessagePosté le: Jeu 2 Mai - 18:17 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Enitu
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 21:57 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

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Jour 2, nuit

Journal d'Eutin a écrit:
Une fois de plus je rentre chez moi, exténué. Non pas parce que mon travail est difficile, mais plutôt parce qu'il est harassant. J'ai l'impression de passer mes journées à ne rien faire. Paradoxal n'est-ce pas ?

Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs ... Qu'est-ce qui rend mon travail si quelconque ? Je travail tout de même dans l'une des usines Jag'Stark ! Un nom prestigieux à Anthracite ! Je devrai être fier de travailler dans ces industries. Et pourtant ... A l'image de ce que je fabrique, je me sens inanimé et sans âme. J'ai cette impression de n'être plus qu'une machine répétant du matin au soir les même gestes : Saisir, visser, vérifier, poser.

Suis-je ce que je fabrique ? Un bout de pièce dont je ne connais pas exactement l'utilité ? Peut-être bien ... Après tout, je ne suis que peu de chose. Si je venais à crever les contre-maîtres trouveraient aussitôt un remplaçant à ma personne.

Qu'est-ce que je raconte moi ? Une personne ... ! Plus j'y pense et plus je trouve ça ridicule. Les autres derrière ce mur de fumée, les gens de la ville, eux, ils ne nous considèrent pas comme des personnes. Tout au plus reconnaissent-ils notre utilité en tant que masse travailleuse. Mais nous n'avons pas le droit à l'humanité. Non, pas nous.

Nous sommes invisibles, remplaçables au bon vouloir, utilitaires ! Nous n'avons pas d'individualité. Nous ne sommes qu'une masse mouvante qui hante les usines et les stations de bus téléphériques. Je le vois bien pendant mes jours de repos. On m'évite. On m'ignore. On se moque de moi.

Et la prochaine fois, quand j'irai en ville, ça recommencera surement. Mais je me sens comme attiré ... J'ai beau trouver tout le temps la même chose, j'y retourne à chaque fois. C'est comme une drogue. J'ai ce besoin de m'aventurer dans la ville, toujours plus loin, cherchant à aller toujours plus en avant.

Mais je rencontre une limite. Il y a au sein d'Anthracite comme une barrière qui m'empêche d'aller plus loin : je n'ai jamais pu aller dans les quartiers Nord. Trop loin et trop cher. Et parfois, on ne veut tout simplement pas me vendre de billets pour aller sur les lignes y conduisant. Ce qui fait que je suis obligé de faire des changements et d'acheter plus de billets. Cela augmente donc considérablement le prix et le temps consacré. D'où l'image de barrière que j'évoquais ...

Mais ... on m'a dit qu'une certaine personne pourrait me faire passer au Nord ou m'accompagner ... Je n'ai pas trop bien compris. Toujours est-il qu'on me l'a recommandé si je voulais aller dans les quartiers Nord.
Je ne sais pas trop quoi en penser. Mais je n'ai rien à perdre en le contactant. J'ai fixé via un homme à tout faire (en payant un intermédiaire donc) un rendez-vous dans 3 jours, la veille de mon jour repos. Le rendez-vous s'effectuera devant la station de bus téléphérique n°6.

Shard Maiar ... me serez-vous vraiment d'une quelconque aide ?


Eutin, date inconnue


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Dernière édition par Enitu le Ven 24 Mai - 01:36 (2013); édité 2 fois
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Phénix 'ODF' D
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MessagePosté le: Ven 3 Mai - 22:16 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

Dans les Faubourgs... a écrit:
Jour 2 – Fin de journée, début de nuit
Après une longue journée de marche, Essex arriva enfin dans les premiers faubourgs de la ville. Ici, l’air était encore plus vicié que dans les ports, et il y flottait une éternelle odeur d’ordure, de suie et de gaz. Dans cet air putride, Essex ne put que tousser. Il était déjà épuisé par sa marche forcée jusqu’ici, à se cacher sur le Grand Boulevard des hétéroclites, cet atmosphère lourd et vicié acheva de l’étourdir. Il manqua de défaillir à plusieurs reprises.

« Ce n’est pas vrai… C’est horrible, ici ! Comment les gens peuvent vivre dans une telle insalubrité ?! »

Malgré la fumée qui émanait des ruelles, Essex parvenait à distinguer un peu les environs. Le quartier de faubourgs qu’il visitait était essentiellement composé de ces mansardes noirâtres qu’on appelait Corons. Une porte, deux fenêtres, un pot de fleur, vide pour la majorité des maisons, en constituaient les seuls égaiements. À l’horizon, les hautes tours sombres des usines se profilaient, sombre décoration se détachant sous la lune levant. Les vieux lampadaires, mis en service à l’époque des cinq, ne projetaient qu’un faible faisceau lumineux n’éclairant que la moitié de la route. Ces lampadaires avaient la forme d’une ancienne fleur, aujourd’hui disparut, appelé la campanule. Au centre de la cloche formée par les lattes de métal, brillait un morceau d’anthrax brut, que l’on activait par une série de frottement sur une plaquette d’acier granuleux. Ces plaquettes étaient fixés sur un engrenage émergeant de la structure de bronze, et qui tournait grâce à l’énergie émanant de la pierre elle-même. Le « Tic Tac » régulier qui grondait dans la ruelle, faisant vibrer le lampadaire, avait quelque chose d’oppressant. Un ingénieux principe de feed-back que seuls les Cinq avaient pu comprendre.

Essex s’avança, titubant sous l’air lourd des usines. Son chemin l’avait mené dans les Faubourgs, car il se disait dans les hauts-quartiers que les travailleurs les plus assidus étaient ceux travaillants dans les usines. Peut-être qu’il pourrait y rencontrer quelqu’un qui accepterai de l’aider dans sa quête…

Un peu plus tôt, sur son chemin, il avait subtilisé un petit poignard à un marchant. Il espérait ne pas avoir à s’en servir, mais sais-t-on jamais, les habitants des faubourgs n’étaient pas des gens très recommandable…

« Espérons que ma recrue sera quelqu’un de convenable… »

_________________

Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

Citation:
21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien
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Yuushi
J'en ai rien à foutre


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MessagePosté le: Sam 4 Mai - 02:10 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

Jour 2, nuit

J-3. Enfin J-4 pour être plus précis. Je n'avais pas ressenti une telle excitation positive depuis... depuis quand au fait? Il me semble que la dernière fois que j'ai ri aux abois était lors d'une plaisanterie de mon père qui doit remonter il y a bien 5-6 ans. Je m'en rappelle comme si c'était hier à me dire "Si un voleur te vole un œuf, alors vole lui une poule". Une époque ou même dans la misère j'étais heureux, avec une famille et un but à accomplir. Quel est mon but depuis que je fais ce sale métier d'ouvrier?! Me rabaisser comme une personne docile? Tout ça pour pouvoir survivre ne serait-ce qu'une seconde plus et gagner assez d'argent pour pouvoir... travailler les journées suivantes...

Je me demande souvent si je ne suis pas un enfant sans respect, qui se plaindrait de ses conditions de vie alors qu'il devrait les accepter comme elles sont. Peut-être qu'au final que la vie doit se dérouler ainsi, je suis né dans une pauvre famille, n'ayant aucun biens alors j'aurais la même vie. Certains me diront que j'ai déjà bien de la chance d'avoir obtenu un boulot. Mais ce n'est pas une vie pour moi, je le sais, je le sens. Je suis persuadé que je mérite mieux que ça sinon toutes ces années d'apprentissage avec mon père et ma mère n'auront servi à rien ! Voilà la délivrance et l'opportunité qui arrive enfin. J'ai été assez surpris de voir débouler un homme me proposant un rendez-vous dans 3 jours devant la station de bus téléphérique n°6 avec un certain Eutin.

Je connais toutes les histoires de mon père par cœur évidemment,, j'aurais tant voulu lui raconter les miennes mais je me rappelle que sur son dernier voyage il avait rencontré un Eutin, qu'il était devenu son ami et qu'il était mort pour lui... Mais si ce que l'homme a dit est vrai alors cet Eutin n'est pas mort !? Peut-être a-t-il été guéri par un quelconque miracle? Voyons il aurait dans les 50-60 ans selon ma mémoire non, plutôt plus vieux que moi en tout cas ! Peut-être veut-il m'en apprendre un peu plus sur mon père, mais quelque chose de fabuleux se passera, le destin est présent le destin est écrit. Il me reste encore du temps pour réfléchir, mon jour de repos arrivant dans 4 jours, mon coup prendra feu à ce moment-là. Mais le faire tout seul et sans préparation est risqué bien que mon père me dirait que les tentatives se soit appelées comme ça pour être tentées. Mais le tout après est de bien choisir quoi faire si le plan réussi ... une fois de l'autre côté.

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Enitu
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MessagePosté le: Dim 5 Mai - 03:13 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

Eutin - précédent rp
Essex - précédent rp


Jour 2, nuit


*toc toc*

« Une personne à cette heure en pareil endroit, qui ça peut être ? Peut-être l’intermédiaire que j’ai envoyé qui revient … » Eutin méfiant se dirigea vers la petite fenêtre du coron et chercha à distinguer son visiteur. Mais il ne vit qu’une silhouette noire. Il entrouvrit la porte et demanda d’un ton ferme :

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Essex eut un légère moue, comme s’il était un peu déboussolé par l’accueil qu’il lui été réservé. Cependant, il ne laissa rien paraître et dit avec un sourire chaleureux et malgré l'odeur insoutenable :

- Bla., mon bon monsieur ! Désolé de vous déranger en pleine nuit ! …
- Vous pouvez l'être ! Répondit Eutin désagréable en constatant avec mépris les habits chics et ostentatoires de son visiteur.

Le jeune homme fut un peu interloqué par le ton bourru de son interlocuteur. Néanmoins, il poursuivit d’un ton presque joyeux :

- … Mais voyez-vous, je me suis un peu perdu dans ces quartiers nauséabonds et je recherche en fait un endroit où passer la nuit à l'abri de l'odeur horrible de ces lieux. Est-ce que je pourrai ... juste ... mais juste rester à l'abri de l'odeur de ces lieux ...
- Dormir chez moi ? Répondit Eutin du tac-au-tac.
- Pas dormir, non, je ne vous demande pas un lit. J'ai bien conscience que ce n'est pas dans vos moyens, sans vous offenser ...
- « Sans m'offenser » ! « Sans m'offenser » ! Répéta Eutin. Et bien c'est raté ! Voyez-vous mon bon monsieur, dit-il en insistant sur le “monsieur”, il se trouve que j'ai un lit. Vous pensez que parce que nous vivons dans les faubourgs, nous dormons à même la terre ?!
- Non, évidemment ! Il est évident que vous avez un lit, une table, des chaises, des meubles, de quoi manger et vous abreuver, tenta Essex d’un ton désespéré, sentant la discussion lui échapper.
- Mais je n'aurai pas de quoi accueillir quelqu'un !? S’insurgea Eutin. C'est cela que vous insinuez ?
- C'est, en effet, ce que j'avais pensé ...
- Et bien désolé de vous le dire, mais ici ça ne se passe pas comme vous l'imaginez. Vous pensez peut-être dans la ville qu'ici nous ne sommes que des raclures, que ce n'est qu'une zone de non-droit rassemblant une masse travailleuse sans âme et sans humanité …

« Je le sais, ça ! » Pensa-t-il, avant de tenter :

- Monsieur, je...
- Mais on a quand même une âme !
- Oui, j'en suis conscient, mais ...
- Nous sommes aussi humains que vous autres, parasites qui vivaient de notre travail acharné et meurtrier !

À ce moment précis, Essex en eut assez.

- MONSIEUR !

Dans sa colère, le jeune homme avait hurlé. Il n’aurait pas dû, il le savait. Mais l’inconnu l’avait franchement énervé, avec sa morale de simple ouvrier. Il respira profondément, pour se calmer et éviter de commettre un acte regrettable :

- Ecoutez ... Je sais que les gens de la ville et les nobles ne sont pas très bien vu ici ... Je sais aussi que le travail dans les usines peut-être harassant ... mais peut-être que si vous m'hébergez, vous pourriez aussi en apprendre sur la ville.
- De quelle façon ? Vous pensez que je ne connais pas la ville ?
- Je dois vous avouer, monsieur, que je ne pense plus rien des faubourgs depuis que nous avons commencé notre discussion ... et pour répondre à votre première question, je dirais : de la façon qu'il vous plaira.

« Quel toupet ! Il ne manque pas d’air celui-là ! », pensa Eutin. « Très bien. Puisqu’il veut à jouer à ce jeu-là, je vais le prendre à son propre jeu ». Et c’est ainsi qu’Eutin répondit avec malice :

- Étonnez-moi !

Le futur pirate resta stoïque une seconde, le temps pour lui de déterminer s’il devait entrer dans son jeu, ou tout simplement répondre à sa demande. D’une part, il ne souhaitait pas ébruiter sa mission ... Mais d’autre part, les faubourgs embrumaient son esprit et sa raison. Souhaitant quitter ces odeurs infectes dès l’instant, il choisit d’entrer subtilement dans son jeu :

- Et comment souhaiteriez vous que je vous étonne ? Par une démonstration d'arme ? Par des informations que vous ignoriez encore ? Ou autrement ?
- Comme vous voulez ... De toute façon, comme vous le montrez si bien, ce n'est pas les moyens qui manquent.
- Très bien ... Peut-être pourrions-nous nous abriter dans votre salon ? J'aimerai autant éviter que s'ébruite ce que je vais vous dire ... Je ne sais pas si des membres de la garde rôdent dans les faubourgs ...

Eutin vit le coup venir. Ce type prétextait lui donner des informations pour pouvoir entrer dans le coron. En temps normal, cela aurait été hors de question. Mais là, puisqu’il se croyait plus malin que lui, Eutin allait lui ouvrir bien grand les portes … avant de le sortir à coup de pompe au derrière ! Prenant toutefois ses précautions, l’ouvrier regarda de chaque côté de la rue avant de déclarer :

- Bon ... ok. Mais vite-fait, hein ! Je vous invites pas à dormir !
- Merci beaucoup, monsieur, je vous revaudrai ça !

Eutin le fit rentrer tout en lui indiquant une des chaises de la cuisine où s'asseoir et, fit de même en prenant place face de lui.

- Et donc ... que vouliez-vous me dire ? Demanda Eutin qui l’attendait visiblement au tournant, pendant que son interlocuteur regardait autour de lui.

Essex ignora la question, se concentrant justement sur le mobilier assez simple du coron. Il ne pouvait s’imaginer vivre ici. Mais en même temps, il avait un peu d’empathie envers ceux qui y était forcé. Il finit par détourner le regard et observa l’ouvrier en face de lui. Il répondit :

- Ce que je vais vous révéler pourrait bien changer plus d'un destin ici ... Peu m'importe que vous le garder pour vous ou que vous le dite à vos collègue d'usine.
- J'attends de voir, fit Eutin moqueur.
- Il faut surtout éviter que la milice soit au courant. Connaissez-vous "le Groupe des Voyageurs", ou “la Confrérie des Voyageurs” ?
- Je crains que non. Qu’est-ce que c’est ?
- Il s'agit d'un groupe de personnes, assez ancien pour avoir côtoyés les Cinq en personnes. Ces gens sont réputés pour avoir voyagé, d'où leur noms. Au départ, ils n'étaient que cinq eux aussi.
- Où voulez-vous en venir ? S’impatienta Eutin qui voyait bien son invité de circonstance tourner autour du pot.
- Ne vous inquiéter pas, monsieur. Je dois tout vous expliquer pour comprendre l'enjeu de cette révélation, sourit alors Essex.

Il comprenait assez bien l’impatience de l’ouvrier, lui-même ayant mis longtemps à appréhender toute l’importance de l’affaire.

- Pour l'instant, il n'y a rien que je ne sache déjà à part ce groupe ... Quel est son nom déjà ?
- La Confrérie des Voyageurs. Justement, si vous me laissez finir, vous en saurez bien plus.
- D’une logique implacable me direz-vous ! Railla Eutin.
- Les voyageurs, poursuivit Essex en ignorant la pique, étaient au départ un groupe de cinq. Ils ont parcouru le monde, et au delà. En chemin, leur groupe s'est agrandi de plusieurs autres membre. De cinq, ils sont passé à treize.
- Ça en fait bonshommes ! Continua Eutin, sarcastique.
- En effet, fit Essex ignorant le sarcasme de son hôte. Le but de leurs voyage était assez simple. Ils n'étaient pas de simples troubadours du dimanche, qui voyagaient uniquement pour mendier l'argent nécessaire à leurs survies. Les circonstances - certains parlent même de hasard - les ont poussé à fuir un ennemi. Un ennemi qui souhaitait s'emparer de quelque chose en leur possession ...

Essex une fois de plus, tournait autour du pot. Eutin eu l’impression qu’il voulait faire durer le mystère au maximum. Et n'appréciant guère qu’on joue avec lui, il coupa court à son petit manège :

- Vous restez flou ... quel rapport avec la ville ?
- J'y viens, j'y viens. La ville, justement, a un lien assez étroit avec cet ennemi. Disons, pour simplifier, que les Voyageurs n'avaient pas toujours été en bons termes avec les autorités, que ce soit celles d’Anthracite ou d’autre. Dans le cas de notre mégalopole, les Voyageurs ont découvert un secret ... Un secret qui serait en lien avec le matériau qui a rendu si célèbre bon nombre d'entre nous - des nobles, je veux dire ... Lâcha-t-il avec un grand sourire, voyant les yeux de l’ouvrier s’illuminer.
- L'anthrax ! S’exclama Eutin.
- En effet. Vous comprenez vite.
- Je travaille plus ou moins dans le milieu ... c'est quand même la moindre des choses !
- Évidemment. Bref. Les Voyageurs ont découvert un des secret de l'anthrax - ne me demandez pas lequel, c'est l'un des objectifs de ma mission. Enfin, "mission"... c'est un bien grand mot. Je souhaite juste retrouver la trace d'une île ... Peut-être avez vous déjà entendu parler de l'Île Mystérieuse ?
- Jamais entendu parler ! C'est peut-être bien pour ça qu'elle est mystérieuse !

Essex eut un léger sourire, suite à la moquerie d’Eutin.

- Bonne répartie, monsieur. Vous vivrez longtemps. Plus sérieusement, à ce qu'il paraîtrait, l'Île Mystérieuse abriterait l'une des planques des Voyageurs, un endroit où ils se ressourçaient et se reposaient quand ils n'étaient pas en voyage. Ces sanctuaires sont réparties un peu partout autour du monde, et leurs plaques recèlent bien souvent plus de richesses que la Bibliothèque d'Anthracite n'en possède. Vous comprendrez aisément, je suppose, pourquoi ils tenaient tant à ce que cette planque reste cachée ?
- Je comprends plus ou moins. Mais il m'est difficile de cerner vos intentions. Je vous ai demandé de m'étonner et c'est là un mystère que vous me donnez ...
- Mais justement, les mystères sont là pour étonner !
- D’une certaine façon … mais concrètement, vous n'avez rien.

Ce fut à ce moment qu’un bruit venant du premier étage se fit entendre.
« Mince !» pensa Eutin. « Voilà mon compagnon de coron qui descend. »

- Vite ! Cachez-vous !
- Quoi ? Que se passe-t-il ?!
- Sous la table !

Essex n’eut pas le temps de souffler qu’Eutin l'agrippa par le col et le fourra d’un grand geste sous la table. Le jeune homme eut juste besoin de la seconde qui s’écoula ensuite pour récupérer son chapeau, tombé sur le sol, avant que le compagnon d’Eutin ne descendit de l’escalier. Il alla se rafraîchir à l’évier commun d’une démarche lourde.
Essex, ne supportant pas d’être traité de la sorte, allait s’exclamer :

- Que... !!!

Quand Eutin lui chuchota d’un ton pressé et inquiet :

- Taisez-vous ! S'il remarque votre présence, il va me poser des questions. Et je n’ai pas du tout envie de justifier pourquoi il y a un bourge de la ville dans la cuisine !

Essex eut une bouffée de chaleur qui lui colora les joues de rouge. Il n’osa pas répliquer, pour ne pas attirer des problèmes à son hôte. Mais s’il aurait pu agir, il l’aurait fait avec plaisir. Il se contenta donc d’écouter attentivement ce que les deux avaient à se dire ... :

- Pas encore couché Eutin ? Me demanda le compagnon en remarquant son compère assis à la table.
- Nan pas encore ... tu sais bien que je reste éveillé tard la nuit.
- Encore à écrire ? Tu devrais pas, répondit-il. Demain, une journée particulière nous attends et ton jour de repos n'est pas pour tout de suite. Tu ferais mieux d’aller te coucher.
- Oui, pour une fois nous avons un travail différent.

Après quoi, l’homme remonta de la même façon qu’il était descendu, tout en souhaitant à la va-vite une bonne nuit. « Intéressant... Les ouvriers ont un travail différent... Qu’es-ce que cela peut-être...? » Se demanda Essex, dont la curiosité était piquée à vif. Il se promit d’aller effectuer une petite visite des usines le lendemain. Mais en attendant, il ressortit de sous la table, époussetant son chapeau plein de poussière et le replaçant sur sa tête.

- Qui était-ce ? Demanda-t-il avec curiosité.
- Mon colocataire. Ici nous vivons avec des personnes que nous ne connaissons pas de prime-abord. Heureusement, lui travaille dans la même usine Jag'Stark que moi, ce qui nous donne un point commun et donc, nous rapproche plus.
- En effet, c’est assez logique, admit-il, penseur. Jag'Stark ... Je n'ai jamais entendu parler de quelqu'un d'aussi prétentieux que lui ... M'enfin, passons. Ou en étions-nous ...?
- Vous me racontiez une histoire pour m'étonner ... Et je dois vous dire que je suis dubitatif en ce qui la concerne. D’ailleurs, vous n’avez pas non plus réussi à me faire changer d'avis à votre propos.
- Cela est bien dommage. J’aurai espéré que vous sauriez faire preuve de plus d’ouverture d’esprit ... Cependant, j’ai malgré tout ressenti un peu de peine et d’empathie en vous observant ainsi. J’ai peut-être l’allure d’un noble, mais je n’en reste pas moins homme. Et ayant une sainte horreur de Jag’Stark, je vais faire de mon mieux pour améliorer votre condition d’ouvrier, en remerciement de votre hospitalité ...
- Ce ne serait que trop d’honneur ! Fit Eutin sur un ton sarcastique.

Essex ferma les yeux une demi-seconde avant d’ajouter :

- Vous ne souhaitez pas de mon aide, peut-être ?
- Non merci, je peux m’en passer. Je ne suis pas un de ces miséreux opportunistes qui sautent sur n’importe quelles mains tendues. J’ai ma fierté, moi, vous savez !
- Mais une fierté vaut elle vraiment ce prix ? Écoutez-moi, monsieur. J’ai peut-être l’air d’un simple noble de la haute-société, qui se croie tout permis en arrivant dans les faubourgs, en demandant l’hospitalité au premier ouvrier venu. Ce n’est certes pas une image glorieuse de ma part. Mais sachez que dans très peu de temps, je n’aurai plus besoin de me cacher sous un masque doucereux de pure dédain. J’ai une grande ambition pour tous les opprimés de cette ville. Mais pour cela, j’ai besoin d’hommes de confiance. Seriez-vous prêt à me rejoindre ? La vie serait certes un peu mouvementé au début, mais par la suite, je vous assure que vous ne le regretterez pas. Alors, qu’en pensez-vous ?
- Naviguer avec vous !? A chercher votre île mystère ! Vous croyez tout de même pas que je vais m’embarquer sur de simples contes sortis tout droit de la bouche d’un citadin rêveur trop las de sa petite ville chérie !
- Ai-je vraiment l’air fou ? Ai-je vraiment l’air de vouloir plaisanter ? Ai-je vraiment l’air de raconter des contes ? Je ne crois pas, monsieur. Je n’ai pas l’impression que vous m’ayez suivi. Peut-être ne suis-je qu’un simple citadin rêveur, las de sa petite ville “chérie”. Peut-être. Peut-être pas. Qui sait ? Les hommes sont nés avec la faculté de rêver. Ils l’ont juste perdu au contact de la technique et du machinisme. Pourquoi les légendes sur les Voyageurs existent-elles encore aujourd’hui, alors qu’Anthracite est censé être un modèle de paix et d’avancement ...
- Rien ne me prouve qu’elles existent. Je n’ai que votre parole, déclara sèchement Eutin.
- ... Moi, je ne vois que des gens oppressés – continua-t-il dans sa verve, sans se soucier qu’Eutin ait pu dire quelque chose – forcés de travailler sous le joug de nobles trop heureux de pouvoir profiter de larbins tels que vous, prêt à tout pour ne pas avoir la vie encore plus dure qu’elle ne pourrait le devenir. Souhaitez-vous vraiment casser du caillou, monter des pièces en métal, indéfiniment, jusqu’à la fin de votre existence ? Voulez-vous vraiment finir comme ces vieux des faubourgs, affalés sur leurs instruments, aussi squelettique que des squelettes asséchés, les muscles raidis par des mouvements trop souvent répétés, inlassablement ?
- Non évidemment … Je suis même en tout point d’accord avec votre vision. Mais cela reste du point de vue de l’irréalisable. Quelle preuve ai-je que vous ne me raconter pas des bobards ?
- Ceci.

Le jeune homme tendit un morceau de papier plié en quatre à son hôte, qui semblait réellement dubitatif. Il le prit avec précaution, comme s’il s’agissait d’une bombe, et le déplia. Dessus était inscrit un nom, ainsi qu’une adresse :


Terven Kolsveigh,
34, rue de la Demi-bière



Eutin resta circonspect. Cet homme qu’il jugeait de prime abord comme un utopiste fou, par il ne savait quel étrange manège, montait dans son estime. Il avait plus ou moins les même idées que les siennes ... Peut-être disait-il la vérité à propos de son groupe des Voyageurs ... Après tout, qui sait ?

- J’ai également une autre preuve, mais peut-être que vous ne pourrez pas en comprendre la signification ...

La confusion emplissait l’esprit de l’ouvrier.

- Connaissez-vous l’ "Ode au Voyageur" ?
- Qu’est-ce que cela encore ...
- Il s’agit d’une chanson, écrite par l’un des Treize Voyageurs, Jeof’ la Vadrouille. Avant d’être membre des Voyageurs, il était un explorateur, l’un des plus connus fut-il un temps. Et aussi l’un des plus paradoxaux, car il était réputé pour son sens de l’orientation très ... médiocre ... Néanmoins, c’était un barde dans l’âme, et sa chanson se composait comme suit :


“If you are a Passenger…
You should know that…
Under a blazing sun…
The road is our Childhood Friend.
***

The wind in its sails, flying hair…
We trace the History
Under the resonant bits…
This song.
***

If you are a Passenger…
You should know that…
Under our masks, behind our soul…
The road sailed with us.”



- Une chanson … La signification me dépasse.
- Ce n’est pas étonnant ... Mais il se fait tard... Je vous remercie, en tout cas, de m’herbeger pour la nuit, et j...
- Minute ! Répondit l’homme comme si une vieille habitude refaisait surface. Qui vous a dit que vous pourriez dormir ici ? Vous voyez bien que vous ne pouvez pas. Ou alors, reprit-il, il vous faudra vous lever tôt demain. Je ne tiens pas à ce qu’on vous surprenne chez moi.

Eutin se leva et fit signe à Essex de le suivre. Ils traversèrent la pièce étroites et s’arrêtant, l’hôte pointa le coin de la pièce.

- C’est là que je devrais dormir ?
- Oui.
- Parfait. Toujours mieux que rien, dirons nous.

Eutin savourait comme une revanche. Faire dormir un noble sur le sol ... Qui eut cru que de sa propre main, il arriverait à une telle prouesse !

- Au fait, je ne connais pas encore votre prénom ... S'enquit soudain l'invité à même le sol.
- Eutin. Seulement Eutin. Je ne connais pas mon nom de famille. Monsieur... ?
- Essex. Essex Lawrence William Knight ...
- Ça en fait un nom à rallonge !
- ... Mais appelez-moi Essex tout court.

Sur quoi, Eutin partit ce coucher, non sans un petit goût de victoire sur les lèvres. Toutefois, il espérait secrètement que son invité de la ville serait parti le lendemain matin quand il se lèverait. Il n'avait vraiment pas envie de rendre des comptes aux autres. Dans une pensée soudaine, il pensa que la situation était bien ironique : Dire qu’au début, il voulait le faire rentrer pour mieux le flanquer dehors ... voilà que finalement il restait dormir !
Fatigué, satisfait de la tournure des choses mais un brin confus et désorienté tout de même, il s’endormit bien vite une fois au lit, sous sa couverture douillette.

Pour sa part, Essex appréciait grandement un coin d’une pièce appartenant à un coron, que l'inconfort et l’odeur de la rue des faubourgs. Et en plus, il venait de se faire un nouvel allié potentiel ! Non sans cacher un sourire de triomphe, il se promit que demain, dès les premières lueurs du soleil, il s'engouffrerait dans l’usine de Jag’Stark, et aurait une petite explication avec lui ...


Eutin - rp suivant
Essex - rp suivant


Dernière édition par Enitu le Ven 6 Déc - 19:29 (2013); édité 3 fois
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MessagePosté le: Jeu 30 Mai - 16:01 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

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Jour 3, début de soirée


Se dirigeant vers son coron, Eutin marchait pensivement. Les ténèbres tout autour de lui gagnaient en intensité et c’est presque réjoui qu’il gagna une route éclairée par les vieux lampadaires du faubourg. Leurs cliquetis mécaniques avaient quelque chose de rassurant. En les entendant, Eutin avait cette impression que tout tournait rond et que de ce fait, rien de ce qu’il avait pressenti et vécu quelques heures auparavant n’avaient d’importance : le bruit cyclique des rouages était quelque part comme l’assurance que tout était normal.

Dans cette illusion d’un moment, Eutin se mit à rêver de contrées lointaines, de cet "autre côté", le fameux "Daemajig if l'otto" qu’il avait inscrit en début de journal, mais qui là prenait une signification différente. Cela ne concernait pas son propre côté. C’était au contraire le côté extérieur au sien. La part qui lui était inconnue, étrangère, cachée, différente des Faubourgs. Il lui tardait d’ailleurs à ce titre de recommencer une excursion dans les tréfonds de la ville.
Plus que deux jours !
C’était tout ce qu’il lui restait à attendre avant de rencontrer le fameux Shard Maiar dont on lui avait parlé … Il ne savait pas à quoi s’attendre, mais il lui tardait de le rencontrer. Avec lui paraît-il, il pourrait enfin aller dans les coins refoulés d’Anthracite, ceux qu’il n’avait jamais vus. Les quartiers Nord …
C’était dans trois jours. Et bien que ce soit un temps relativement court, il lui semblait que ça faisait déjà une éternité.

« L’attente est rarement courte » pensa-t-il.

Il y avait aussi la proposition farfelue de l’autre citadin qui lui avait rendu visite la veille. Eutin était sceptique quant à son île mystère. C’était une histoire pour enfant, une légende … Comment pouvait-il se laisser berner par un conte ? Il n’y avait rien de concret. Mais Eutin se souvint de la mystérieuse adresse que lui avait laissée l’homme à la plume. Qu’est-ce qui pouvait bien s’y trouver ?
Il n’en avait aucune idée, le noble ne lui ayant rien dit.


Soudain, l’illusion dans laquelle baignait l’ouvrier s’estompa. Figé devant sa maison, il regardait avec stupeur et crainte la façade de cette dernière. Peint sur la longueur se trouvait écrit en rouge :


« VENDU !! »


Pris de panique, l’ouvrier jeta des coups d’œil inquiets autour de lui. La ruelle était déserte et seul le bruit des rouages se faisait entendre. Se dépêchant de gagner l’entrée de son coron, le travailleur constata la présence d’une feuille glissée sous la porte. La saisissant, il lut :

Citation:
Au traître Eutin,

Nous savons ce que tu as fait.
En conséquence, nous prendrons tout :
Ton foyer.
Ton travail.
Ta vie.
Aujourd’hui n’était que la première étape.

Les Entre-preneurs.



Ouvrant précipitamment la porte, Eutin découvrit l'intérieur de sa maison saccagée et à moitié vide. Dans le fond de la pièce gisait deux corps, ceux de ses compagnons de corons. C'est alors qu'Eutin réalisa qu'il ne lui restait plus rien dans cette maison : ni biens intacts, ni colocataires.


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________

Pour contre-rendu :
Eutin découvre son coron pillé et griffonné ainsi que deux colocataires morts.


Dernière édition par Enitu le Lun 18 Nov - 18:44 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 18 Nov - 18:43 (2013)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

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Jour 3, nuit


La nuit fut pénible pour Eutin. Durant toute celle-ci il rumina de sombres pensées. Il était foutu ! Sa vie était foutue ! Sa maison n'était plus qu'un amas intérieur de débris, sa relation à un noble serait sans doute éventée le lendemain même, au rythme du bouche à oreille. Il s'imaginait déjà d'ailleurs le mépris et la distanciation que les gens lui feraient subir. Pourrait-il encore sortir dans la rue ? Pourrait-il encore faire ses commissions ? Aller même à l'usine ? Tout cela lui paraissaient constituer des actes impossibles à présent.

Et il y avait ces Entre-preneurs. Ils lui en voulaient à sa vie. Il allait mourir ! "Aujourd’hui n’était que la première étape" avaient-ils marqué : son foyer. Plus de colocataires ni de mobiliers. Et par extension, plus de place bientôt dans le Faubourg. Le voilà qui serait sans doute étiqueté. "Traître", "vendu", "qui fricote avec les citadins riches", "mains blanches", ... et les appellations se développeraient en même temps que la rumeur grossirait et s'envenimerait à son sujet. Sans parler de sa réputation. Plus que le mépris qu'on aurait pour lui, c'était la peine de mort et sa relation aux Entre-preneurs qui repousseraient les gens. Ne surtout pas l'approcher de peur qu'on soit la prochaine victime, l'éviter pour ne pas être associé au tabou qu'il avait osé enfreindre, prendre le parti de ses futurs bourreaux. C'était l'état de terreur inspiré par ce que représentait sa personne qu'Eutin redoutait. La situation serait d'ailleurs d'autant plus compliquée s'il retournait à l'usine.

Mais était-il encore nécessaire justement de retourner à l'usine demain ? Voilà une des questions qui le tarauda toute la nuit. Les Entre-preneurs l'avaient écrit : "nous prendrons tout". Et parmi ce "tout" figurait "Ton travail". Si Eutin allait perdre son travail, cela avait-il encore un sens d'y retourner ? Car il était certain que les Entre-preneurs tiendraient parole. La réputation de ce qu'ils avaient fait jadis les précédaient. Et en y repensant, Eutin eu l'horrible idée d'associer les événements de la veille avec la présente lettre. Et si la mort de son compagnon de coron à l'usine n'était pas sans lien avec les intentions que nourrissaient les Entre-preneurs à son égard ? Il avait trouvé cet incident bizarre et il ne croyait pas à la "défaillance mécanique" invoquée par le contre-maître. Ce pourrait-il donc que ce soit en réalité un crime ? Un crime...

Voilà qui effrayait au plus haut point Eutin. Car s'ils étaient capables de commettre un crime à l'intérieur-même d'une des usines Jag'Stark, alors plus rien ne pouvait les arrêter. Eutin ne serait plus en sécurité nulle part. Et personne ne le serait plus !
D'un autre côté, rien ne lui garantissait qu'il s'agissait bien d'un crime orchestré par les Entre-preneurs. Il n'avait ni indice ni preuve. Juste une intuition. Et puis, comment s'y seraient-ils pris ? Le problème semblait insoluble de par le mystère-même de cette mort.

En définitif, que ferait Eutin le matin-même ? Il se le demandait. Risquerait-il d'aller à l'usine, quand bien même cet acte lui semblait vain à présent ? Ou ... il ne savait pas. Que faire ? Il se sentait coincé par la situation dans laquelle il se trouvait. Néanmoins une chose était sûre : il ne pouvait rester caché dans le coron. Les cadavres de ses compagnons y gisaient encore et il craignait qu'on lui attribue la mort de ces derniers en le trouvant sur place. Et puis surtout, les Entre-preneurs connaissaient cet endroit. Puisqu'ils avaient pour projet de le tuer, il était de fait inutile de s'y cacher.


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MessagePosté le: Mar 18 Mar - 00:09 (2014)    Sujet du message: Les Faubourgs Répondre en citant

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Jour 4, nuit


« Debout ! Réveillez-vous » Une voix se faisait entendre dans le lointain, comme happée. La phrase assourdit retentit une nouvelle fois dans les même termes. Puis lui succéda une sensation vivifiante à laquelle Eutin sortit de sa torpeur dans une grande inspiration.

- Vous voilà enfin réveillé Eutin.

Eutin eut un moment avant de concevoir ce qui l'entourait. Puis il réalisa soudain qu'il était attaché à une chaise. Ligoté, pieds et mains, il ne pouvait plus bouger sinon au risque de se renverser sur le sol.

- Bien, vous commencez à comprendre dans quelle situation vous vous tenez Eutin.

Le prisonnier chercha du regard la voix qui lui parlait.

- Pas de ce côté. Non, encore raté. Si je ne suis pas devant vous ni sur les côtés, où pensez-vous que je sois ?

Eutin voulut regarder derrière lui mais en vain, il était si bien attaché qu'il lui était impossible de se retourner.

- Oh mais laissez-moi me présenter à votre personne.

De l'ombre glissa une silhouette noire qui vint se tenir face à Eutin. Le regardant l'ouvrier fut surpris de voir un masque. Un masque familier. Deux trous en guise de yeux et une encoche à leur extrémité, comme une larme.

- Vous semblez perplexe. Vous vous dites surement que ce masque vous est déjà apparu quelque part. C'est bien possible. Tout dépend de votre état de conscience au moment où vous tombiez dans les vapes, dans nos bras.
- Vous allez me tuer ? Demanda directement Eutin, comprenant de mieux en mieux dans quelle situation il se trouvait.
- Mmh, ça dépend de vous. Vous pensez bien que si nous voulions vous tuer nous l'aurions déjà fait. Quoique vous êtes déjà mort en vérité.
- Qu'est-ce que vous racontez, je suis vivant.
- Oh je ne parle pas de cette mort-là. Cette mort n'est que la mort physique, une mort sans rédemption. Cette mort pourrait-on dire, est une fausse mort. Une mort de dernier recours quand toute autre mort est impossible. Ce qui rassurez-vous, ne sera peut-être pas votre cas tant que vous donnez la réponse convenable à la sauvegarde de votre existence.
- A quelle question ?
- Vous semblez pressé d'en découdre, mais nous avons le temps. Regardez autour de vous, voyez-vous quelque chose qui nous obligerait à nous hâter ? Non, bien sûr que non. Alors prenons notre temps mon ami. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?

L'ouvrier voulut répondre à côté ou ne pas répondre du tout mais la peur étant, il déclara :

- J'ai hébergé un noble.
- Précisément. Vous avez hébergé un noble. Une de ces raclures immondes peuplant une ville à leur image qui s'enorgueillissent là où les autres, tout autour d'eux, crèvent de leur excentricité mondaine. N'allez pas croire qu'ils sont bons parce qu'ils sont nobles. La noblesse est une arme pour paraître supérieur aux autres. Sans légitimité nous ne sommes rien. La noblesse est leur légitimité. Alors, retirez-la leur et, je vous garantis qu'ils ne sont plus rien ! Ils n'ont d'existence que leur titre !
- Je ne l'ai pas invité de gaieté de cœur, ce noble.

La personne masquée disparut alors du champ de vision d'Eutin, passant derrière l'ouvrier.

- Néanmoins le résultat est là, vous l'avez hébergé Eutin. Vous lui avez offert le gîte quand il aurait dû rester dehors, quand il aurait dû se confronter à ce que les Citadins refusent de voir, sinon par les lunettes de leur confort putride ! Je vais vous dire plus explicitement votre tort Eutin. Vous lui avez sauvé la mise, la vie, là où il aurait dû mourir !
- Vous voulez dire que vous ... commença le prisonnier.
- Ce soir-là, non. Nous ignorions sa présence dans les Faubourgs. Mais un homme de sa condition aurait sans doute eu du mal à passer la nuit sain et sauf. De fait, en agissant comme vous l'avez fait, vous avez retardé sa mort.
- Laquelle ? Votre fausse mort ou la, "vraie" ?
- La fausse, celle de dernier recours. Croyez-vous qu'un homme comme lui puisse être remis sur le droit chemin ? Puis s'approchant de l'oreille de du captif, il souffla : Non, un nobliau de son espèce mérite d'être effacé.
- Effacé... Quand bien même je trouve la condition ouvrière injuste, les Citadins comme étant des privilégiés profiteurs, je ne pense pas qu'un homme devrait mourir pour ça. Ça en revient à de la barbarie.
- Vous pensez que parce que nous tuons, nous sommes dans le tort ? Mais mon bon Eutin, redescendez sur terre ! La mort n'est pas une finalité ! C'est un moyen.
- Et la fin justifie donc les moyens ?
- Tout dépend de la finalité.
- Me ramener ici justifiait-elle alors le fait de tuer autant de gens ?
- Vous ramener ici, non. Vous faire déchoir de votre existence, oui. Nous avons tué vos camarades de coron et les défenses de l'usine se sont chargées elles-même de la mort de vos collègues.
- Vous... Je le savais ! S'exclama Eutin. C'est vous qui avez déclenché la BAPDI ! Vous aviez un homme infiltré n'est-ce pas ? Une personne à même d'accéder à la salle de commandement des systèmes de défense !
- Oh ! Vous l'aviez deviné ? Demanda la personne masquée, soudainement piquée au vif.
- Je sais tout. Vous avez déclenché la BAPDI avec la clé d'affiliation. Celle-ci émettait une onde électromagnétique spécifique supplémentaire à même de déclencher la salve. Bien évidemment, les autres BAPDI ne réagissaient pas à cette onde en présence de la bonne, sinon l'homme — mon ami — serait mort bien avant d'arriver à cette barrière-ci. Il aura donc fallu que vous changiez le paramétrage de la BAPDI. Et quoi de mieux pour le faire que de profiter de la journée de vérification des installations d'auto-défense ? Votre homme qui était en fait un contremaître, avait eu libre accès à la salle de commandement des systèmes de défense. Chose qu'il n'aurait pas eu en dehors de ces deux journées. Là, il a pu aller et venir, et couvrir ses traces. Voilà pourquoi personne ne s'est étonné de la mort d'un ouvrier ! Il a pu remettre les réglages par défaut et faire un faux rapport, la parole d'un contremaître faisant loi. Qui des ouvriers iraient contester un rapport ? Par ailleurs, qui se soucierait d'un problème de fonctionnement durant les deux jours de vérification ? C'est le but-même de ces deux journée : déceler les dysfonctionnements. Alors qu'un rapport paraisse et fasse état d'un problème technique, ce n'est pas ça qui va alerter les techniciens. Techniciens qui dans le même temps n'en ont que faire, puisque les BAPDI défectueuses sont vouées à être remplacées. Eux aussi se contentent donc d'un rapport. Voilà comment vous avez procédé.
- Vous avez fait votre petite enquête à ce que je vois Eutin. Mais savez-vous pourquoi une seule personne est morte le premier jour ? Après tout, nous aurions pu en tuer davantage.
- Seul cet homme faisant parti de mon entourage participait à la vérification des installations d'auto-défense.
- Faux.
- Vous vouliez me donner un avertissement.
- Encore faux. Une dernière tentative ?

Eutin réfléchit. Et ne sachant quoi répondre, il tenta :

- Il fallait bien commencer quelque part... ?
- Erreur encore ! 0/3 mon cher. Cette mort n'était pas destinée à tuer votre camarade, du moins pas en premier lieu. Cette première journée a été un test en vue de la seconde. Il nous fallait un essai quand bien même à petite envergure pour appliquer le même procédé le lendemain. A grande échelle.
- Toutes ces morts... Mais que visez-vous à la fin ? Pourquoi en faire autant pour moi ?!
- Je vous l'ai dit Eutin, nous voulions vous déchoir de votre existence, vous effacer.
- Vous allez donc me tuer ?
- Pas nécessairement. Comme je vous l'ai dit, tout dépendra de votre réponse.

Et repassant devant Eutin il déclara :

- De mourir ou de nous rejoindre, que préférez-vous ?


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Pour compte-rendu :
Eutin est prisonnier des Entre-preneurs. Lui est posé la question de mourir ou de rejoindre les Entre-preneurs.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:42 (2017)    Sujet du message: Les Faubourgs

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