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[Nouvelle] Rasé de près !

 
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Dark Knight



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MessagePosté le: Jeu 23 Mai - 17:10 (2013)    Sujet du message: [Nouvelle] Rasé de près ! Répondre en citant

Hello les enfants. Voici une nouvelle qui à traîné pendant pas mal de temps dans mon disque dur, c'est un triant l'autre fois ms fichier que je l'ai retrouvé et je me suis dit "tiens, pourquoi ne pas la finir !". Voici donc pour vous "Rasé de près", qui, je l'espère, vous plaira.

Commentaires/critiques/avis/lèches évidemment bienvenus !

Rasé de près


La jeune femme apparait tel un rayon de soleil au milieu du salon de coiffure. Svelte, ses longs cheveux blonds à peine entamées par un léger dégradé reflètent la lumière des néons. « Chic coiffure ». Un nom quelque peu kitch selon Luna, mais qui reflète non seulement le sérieux, mais aussi le haut standing des soins capillaires proposés.

Depuis l’âge de 17 ans, son quotidien se résumait par les permanentes, les brushings et les coupes à la brosse. Les bigoudis rythmaient les conversations tandis que les coups de ciseaux étaient les gardiens des confidences faites par les clients. Car plus qu’un talent pour la coiffure, c’est un réel don d’écoute qu’il faut pour supporter ce quotidien parfois monotone. Hommes, femmes, enfants, vieillards et adolescents, tous, un jour, finissaient par parler d’eux : de leurs vie, de leurs amour, de leurs déboires aussi. Certains tentaient tant bien de faire de la résistance, les jeunes adolescents surtout : mais la présence si joyeuse de leur coiffeuse ainsi que sa beauté très naturelle, à peine mise en évidence par un trait de crayon, les rendaient bien incapables de conserver leurs mutisme. Tous, un jour ou l’autre épanchaient leurs cœurs. « C’est ça aussi être coiffeuse », pensa Luna tout en souriant à la vieille dame qu’elle coiffait au moment même, écoutant par la même occasion les tribulations de son chien Fifi. Résolument bon marché, « Chic Coiffure » attirait toutes sortes de personnes : des hommes d’affaires pressés aux vieilles dames bavardes. C’était un atout du salon : la diversité des clients.
Dans un bâillement sonore, Luna s’étendit de tout son long, contemplant son salon de coiffure. La vieille dame venait de partir, clôturant ainsi les aventures de son brave petit Yorkshire. Seul un homme restait dans le salon résolument vide en cette fin de journée, la tête plongée dans son journal. Le jeune homme ne s’était même pas rendu compte que son tour était venu et continuait, imperturbable, sa lecture. La fine voix délicate de Luna, telle la caresse d’une fleure, le tira de sa lecture.

- Je crois que c’est à vous !

L’homme sursauta, laissant tomber son journal. Un visage d’ange se révéla à la coiffeuse, les traits fin du jeune homme se dessinant sous la courbe de son front et ses cheveux mi-longs noirs d’encore. « Un visage d’ange ténébreux », pensa Luna, non sans une moue d’approbation. « Un beau gosse, assurément ».

- Installez-vous monsieur, dit la belle en tendant le fauteuil au grand jeune homme.
- Je vous en prie, appelez-moi David.
- Hé bien David, installez vous ! Qu’est-ce que je vous fais, David ? questionna la coiffeuse, appuyant le prénom d’un air taquin.
- Je veux que vous me rasiez de près. La barbe, et cette tignasse folle, dit l’homme, passant sa main dans ses longs cheveux noirs.
- Ho non ! Vous voulez vraiment couper vos cheveux ? Ils sont magnifiques !

Une inflexion d’acier envahit la voix du client, avant de se radoucir :

- Rasé de près ! S’il vous plait…
- Comme vous voudrez ! sourit la jeune femme, saisissant une paire de ciseaux. C’est vous le patron !

La jeune femme saisit délicatement une mèche de cheveux et d’un coup de ciseaux, entérina la décision. « C’est vraiment du gâchis ! » pensa-t-elle, les mèches sur le sol se démultipliant sur le sol au fur et à mesure que le temps passait. A son air navré, David pris la parole :

- Je vois que ça vous fait mal au cœur. Mais j’ai bien réfléchis vous savez. Je connais un changement dans ma vie, comme un renouveau. J’ai pris une énorme résolution. Je veux changer. Et marquer le coup au passage.
- Je comprends ! Vous n’êtes pas le premier client à vouloir faire peau neuve pour un nouveau départ. C’est très courageux de votre part !
L’homme lui répondit par un sourire et repris :
- La vie, parfois, impose des épreuves, des tribulations. Les affronter vous transforme, vous change entièrement. Vous voyez ce que je veux dire ?
- Pas trop je vous avoue
- Prenez l’exemple d’une chenille se transformant en papillon. La chenille sent qu’elle a besoin de changement, alors elle se construit sa chrysalide, petit à petit. Elle lutte vous comprenez ? Elle a besoin de cette épreuve, de s’enfermer pour pouvoir évoluer de l’intérieur. Et au final, cette chenille, cette moche chenille, devient un magnifique papillon.
- En faites, si je vous suis bien, l’enfermement, c’est sa rédemption ?
- Je n’aurais pas mieux dit ! conclu l’homme, tout sourire. Ceux qui disent que les coiffeuses sont justes bonne à coiffer les cheveux sont décidément des imbéciles ! Vous êtes vive d’esprit !
- C’est gentil David.
- Puis-je vous demander votre prénom ?
- Luna.
- Luna…murmura le client. Luna.
- Un nom banal, n’est-ce pas ?
- Un nom éclatant de luminosité ! Les noms finissant en « A » ont une proportion énorme à nous faire penser au soleil. A la chaleur. A l’exotisme. Sahara. Ananas. Guatemala. Luna. J’aime ce nom.
- Merci ! Il y a au moins une personne en dehors de mes parents qui aime ce nom. Même mon petit ami le trouve banal.
- C’est une erreur de sa part ! Que fait-il comme métier ?
- Il tient une salle de gym. Et il est boxeur semi-pro en catégorie poids lourds.
- Dans ce cas, je comprends tout.

Cette phrase claqua comme un coup de ciseau aux oreilles de Luna. La tondeuse électrique entre les mains, les pensées de la jeune femme se dirigèrent vers Adam, son petit ami, certainement occupé à l’heure qu’il est à soulever des poids au développer couché, sculptant de plus en plus son corps. Le rêve de toute une vie pour lui. Ils s’étaient mis en couple depuis trois ans et pouvaient globalement dire qu’ils étaient heureux. Bien sur, leur couple avait connu des hauts et des bas, surtout dû à la jalousie excessive d’Adam. Mais chaque épreuve rencontrée et surmontée avait renforcé leurs amour et leur affection l’un pour l’autre. David, frémissant sous la lame passant sous son cuir chevelu sourit, comme si un frisson de plaisir avait traversé tout son être.

- Je vous ai blessé, veuillez m’en excuser. Je suis certain que c’est quelqu’un de très bien !
- Il l’est ! Je l’aime. Vos favoris, en pointe ou je les laisses comme ils sont ?
- En pointe s’il vous plait, je les préfère ainsi.

Luna passa une dernière fois la lame de son rasoir de barbier le long des temps et des oreilles du jeune homme, éliminant les cheveux court et traçant un contour net à l’oreille et au favoris. Un coup de brosse sur le visage et dans le cou finit de débarrasser superficiellement les cheveux collés au visage. Un coup de miroir pour permettre au client de voir l’arrière de son crâne compléta sa prestation : geste traditionnellement stupide mais néanmoins répéta à chaque coupe finie. Comme si les coiffeurs s’attendaient à ce que leurs clients leurs disent « Ha non ! L’arrière est trop court, recommencez ! ». Inutile, David hocha néanmoins de la tête, signifiant par là que sa nuque rasée court le satisfaisait amplement. Sans ses cheveux tombant à mi-épaule, le visage d’ange du jeune homme prenait, tout à coup, un air dur, inflexible. Pourtant, un sourire fleurit sur son visage lorsqu’après avoir payé, il tendit la main :

- Merci beaucoup Luna. Grâce à vous, je revis. Je suis un homme neuf !
- De rien. Je suis heureuse de vous avoir rencontré.
- Moi de même ! A bientôt !

L’homme sortit, aussi léger que le vent, laissant derrière un salon vide de clients et pourtant remplis de cheveux, vestige d’un passé oublié. Encore une longue journée de passée pour la jeune gérante.

*
**


Dès le retour de son petit ami à l’appartement, Luna se lova dans ses bras. Malgré la chaleur de leur petit appartement décoré de manière moderne, avec une touche de classique par-ci par-là, c’était uniquement dans les bras d’Adam que la jeune femme se sentait bien. Leur petit appartement, un quatre-pièce se résumant à une salle de bain, une chambre, une cuisine et un salon, paraissait immense et démesurément vide sans la présence du colosse. Adam, uniquement par sa présence, lui apparaissait comme un réconfort puissant face à ses longues journées parfois monotones. Allongés tout deux dans le canapé, les bras autour des épaules de la jeune femme, Adam sourit :

- Tu me semble bien affectueuse toi aujourd’hui !
- Moui…tu m’as manqué, gros nounours ! dit la jeune femme, collant par la même occasion un baiser sur les lèvres de l’homme.
Une angoisse la taraudait, inexplicable et il lui fallait absolument la chaleur et le puissant sentiment de sécurité qu’Adam lui procurait pour se sentir quelque peu mieux. D’une phrase toute simple, le jeune homme réussi à lui redonner le sourire :
- Baraqué nounours tu veux dire !
- Evidemment !
Les bras musclés du jeune homme se refermèrent sur elle, le pressant contre son torse, juste ce qu’il fallait pour qu’elle sente la force de l’homme abonder dans ses muscles.
- Promet moi Adam…promet moi que tu me protègeras toujours !
L’homme sourit et de ses dents blanches, dans une ultime étreinte puissante, embrassa Luna, entérinant ainsi la promesse de la plus belle des manières :
- Je te le promets.

*
**


Le moi d’avril passa à une vitesse folle, malgré la monotonie des jours : le nombre de clients, sensiblement accrus, la tenait en haleine, sans apporter de véritablement changé : son rythme était d’avantage soutenu. Au fur et à mesure que les journées passaient, ses pauses, elles, devinrent de moins en moins longues. Ses journée, rythmée par les conversations inintéressante n’étaient troublée que par ses retrouvailles, chaque soir, avec Adam. Le reste de la journée lui paraissait vide d’émotion. Jusqu’au jour ou l’étonnement puis l’angoisse se succédèrent dans sa boite aux lettres. Une rose, blanche, tacheté de peinture rouge écarlate, accompagné d’une photo. Rien d’autre avec : ni explication, ni mot. La photo, énigmatique, suscita chez la jeune femme une angoisse tant incontrôlable qu’incomprise : un rasoir de barbier baignait dans une flaque de peinture rouge, à même le sol. « Plutôt macabre » pensa la jeune femme, jetant la fleur et la photo dans le vide ordure de son appartement.

Le soir même, Luna fit répéter la promesse à son petit ami, pressant le bras d’Adam avec ses petites mains de toutes ses forces, inconsciemment. Sa détresse fut telle que les larmes coulèrent, sans qu’elle ne puisse apporter une réponse au pourquoi d’un tel raz-de-marée d’angoisse et d’émotion. Doucement, sous les caresse du jeune homme sur son bras, sa nuque, ses joues, la jeune femme s’endormie, d’un sommeil d’apparence légère et agréable.

*
**


Désertique. Le salon était proprement et simplement désertique en cette fin de journée. Plus aucun client ne s’était proposé depuis plus d’une heure, ce qui contrastait nettement avec le rythme effréné de ces dernier jours. L’heure de fermeture approchant à grand pas, Luna se leva dans un soupir, bien décidé à clôturer ses comptes de la journée. « Plus personne ne viendra aujourd’hui ». Soudain, une main surgit de la porte, stoppant net son geste, l’empêchant de fermer la porte. David.

- Vous acceptez une dernière coupe ? dit l’homme, un sourire au coin des lèvres
- Vous avez de la chance, la journée n’a pas été bonne. Entrez !

Le jeune homme s’installa, tout sourire sur le siège en cuir et contempla d’un regard perçant la jolie blonde préparer ses ustensile derrière lui.

- Je suis désolé, je ne me souviens plus de votre nom. Damien ?

Le client perdit son sourire, la mine déconfite, toute trace de bonne humeur envolée telle une flamme sous une forte bourrasque.

- C’est David…
- Excusez-moi ! Je vois tant de clients…je vous fais quoi ?
- Comme l’autre fois ! Rasé de près.

Luna sourit, passant sa mains dans les cheveux drus de l’homme, long de quelques centimètres.

- Ça à bien repoussé dites-moi !
- C’est bien pour ça que je suis ici !
- Et votre changement de vie, vous en êtes heureux ?
- Non.

Le mot claqua, comme un coup de feu dans l’air. Se rendant compte de son erreur, Luna enchaîna sur un ton léger :

- Ce n’est jamais facile de changer de vie, mais quand on veut, on peut. Courage David !
- Vous croyiez qu’on peut vraiment changer de vie ?
- Je pense, pas vous ? Vous sembliez convaincu la dernière fois.

Au grand étonnement de la jeune femme, David fondit en larme, son visage se contractant dans un effort inutile pour retenir ses larmes. Consternée, Luna se reprit au plus vite, bafouillant quelque peu sous la surprise de voir un tel homme pleurer à chaudes larmes devant elle.

- Je m’excuse si j’ai dit quelque chose de mal qui vous à blesser ! dit la jeune femme, tout en tendant un mouchoir au jeune homme dont le crâne à moitié rasé dodelinait sous la force des sanglots.
- Ce n’est pas votre faute. J’ai essayé de toute mes forces de changer, mais rien n’y fait. Je n’y arrive pas !
- Vous n’arrivez pas à quoi David ?
- A arrêter de tuer. Je n’y arrive pas ! dit l’homme, les larmes roulant sur ses joues, dans un sanglot.

Le sang de Luna se glaça, ses mains suspendue au dessus du crâne de l’homme, une mèche de cheveux en main, son ciseau à moitié refermé dessus.

- Vous n’êtes pas sérieux !
- Si, répondit l’homme, dans un sanglot sonore, pleurant de plus belle. J’ai tué Goliath il y a deux heures de cela.
- Goliath ? Un chien ?
- Non ! Goliath ! Mon Goliath à moi comme dans la Bible ! Vous comprenez ?!
- Non, rien du tout David. Vous devez être fatigué, cessez de gesticuler, j’ai bientôt fini et vous pourrez vous reposer chez vous.

Gesticulant de plus belle, toujours en larme, l’homme sortit de sa poche une photo qu’il tendit à la jeune femme.

- Mon Goliath…

Dans un cri, la pétillante blonde lâcha son peigne et sa paire de ciseaux. Sur la photo, un corps démembré apparaissait dans une mare de sang. Les membres, empilés les uns sur les autres, tel une construction d’enfant sadique, se trouvaient sur une table basse, tandis que le tronc était posé à même le sol, ridicule sans quatre membres. Et sans tête. Posé sur un plateau, la tête, cisailler a la base du coup reposais tel un met savoureux. Un rasoir de barbier, planté dans l’œil, pendait encore dans l’orbite sanglant d’où coulait un amas gélatineux, mélange obscure de blancs et de jaune. Cette tête, mutilée de longue strie sanglante, cette tête outrageusement déformée sous une violence abjecte, cette tête était celle de son amour, de l’homme de sa vie : Adam.

- Non ! Hurla Luna, lâchant la photo, comme si le bout de papier l’avait brulé vive. C’est impossible, non !

La jeune femme recula contre le comptoir, les yeux exorbités à quelques pas de la coiffeuse. David se jeta sur elle, la main sur sa bouche, l’empêchant d’hurler.

- J’ai essayé d’arrêter. J’ai tué des dizaines de personnes avant de vous voir. Des vieilles fripées, des enfants tendres….je les aient étripés, égorgés, éventrés...mon Dieu…, sanglota David, sa voix virant à l’aigue.

Son monologue repartit de plus belle, hurlant alors que la jeune femme restait paralysée par l’effroi :

- J’ai tenté de vous avertir bon sang ! La rose et la photo ! Mais vous êtes comme toutes ces stupides blondes sans cervelle ! Vous ne comprenez rien ! Rien !

Les larmes ruisselaient le long de ses joues, ses yeux exorbités fixant le bleu des yeux de Luna. Sa main plaquée contre la bouche de la jeune femme la comprimait douloureusement, ses lèvres s’écrasant sous la force brute de l’homme contre ses dents. David, pleurant à chaude larmes, continua :

- Alors, je suis monté à votre appartement. Je voulais vous trouver vous ! Mais c’est lui qui m’a ouvert…il voulait vous demander en fiançailles aujourd’hui…j’ai vu la bague…j’ai essayé de m’arrêter ! hurla David. J’ai essayé !

Ses postillons teintés de sang atterrirent sur le visage de Luna, dont les yeux contemplèrent le ventre du jeune homme : sa blouse blanche se tintait de sang par endroit. David la lâcha subitement, saisit le rasoir et d’un geste, se trancha le poignet, déclenchant chez la jeune femme un cri horrifié, mêle de peur et d’incompréhension, alors que le sang ruisselait sur la moquette, giclant au rythme des battements de cœur. Le jeune homme lâcha alors le rasoir, attrapant au col la jeune femme et la colla contre le mur, la barbouillant au passage de sang, tout en hurlant :
- Pardonnez-moi ! Il voulait vous épouser bon sang ! Pardon !

Les mains de l’homme montèrent jusqu’aux épaules, alors que Luna hurlait de plus belle, de peur, de rage et de douleur.

- Il m’a supplié quand je lui ai ouvert le ventre ! Il m’a supplié ! la voix de l’homme vira totalement à l’aigu, s’étranglant dans un sanglot. J’ai essayé de changer ! J’ai essayé !

Ses mains montèrent le long du coup de la jeune femme et commença à comprimer la trachée de la coiffeuse. Luna, en état de choc, avait arrêté de crier de sa voix cassée, sentant à peine les larges mains de son client se refermer sur elle dans une étreinte mortelle. Elle se voyait en robe de mariée, le long d’une plage, dans les bras d’Adam. Elle voyait leur enfant apprendre à marcher, réplique miniature de son mari. Elle se voyait encore, elle et sa petite famille, à un parc d’attraction, hurlant de joie sous la vitesse d’une descente vertigineuse d’une montagne russe. Tout. Tout lui avait été arraché. Ses rêves, ses espoirs, son foyer, sa famille. L’homme de sa vie, son amant, son meilleur ami, son confident. Tout lui avait été arraché. Sans raisons. Et tout ça à cause de cet homme, qui lui hurlait dans les oreilles des choses qu’elle ne pouvait comprendre. Cet homme, qui la secouait tout en l’étranglant. Cet homme qui répandait son sang sur elle, les yeux exorbités, les larmes recouvrant son visage.

Dans une soudaine prise de conscience de son entourage et dans un dernier sursaut d’énergie, Luna attrapa la paire de ciseaux posé sur le comptoir et la planta d’un geste sec dans la tempe de son agresseur au crâne à moitié rasé. Le sang gicla lorsqu’elle arracha les ciseaux emportant par la même occasion quelques bouts de chair et de cervelle. D’un autre mouvement sec, alors que son agresseur maintenant toujours la pression sur sa gorge, elle replanta les ciseaux un peu plus bas que précédemment, en pleine joue, mettant fin aux cris désordonnés et inintelligible de l’homme. Ses mains, pourtant, continuait de serer le coup de la jeune femme, alors qu’à chaque grognement étouffé de l’homme, du sang était projeté par la bouche, mais aussi par le poignet entaillé. Luna appuya de toutes ses forces sur les ciseaux, dont la pointe ressortit en perçant l’autre joue, expulsant par la même occasion plusieurs dents et des bouts de gencives. D’un geste brusque, sentant ses forces déclinées sous la strangulation, Luna tenta d’extraire son outils de travail et par la même occasion son arme, mais sans succès. De rage, elle saisit le miroir circulaire posé non loin de là, à la tâche habituellement si futile et l’abattit de toutes ses forces sur le crâne de David, projetant des éclats de verre en tous sens : certains se fichèrent profondément dans le crâne de son agresseur tandis que d’autres atterrirent directement sur elle, lui entaillant la joue et le front. Enfin, elle sentit son agresseur libérer son étreinte et s’affaler en arrière tandis qu’elle-même s’effondrait à genou sur les éclats de verre, une douleur fulgurante lui arrachant un dernier cri rauque.

- Pourquoi….murmura la jeune femme, de nouvelles larmes coulant le long de ses joues maculées de sang. Je n’ai pas mérité ça…

David, à deux pas d’elle, toussa, projetant du sang, en même tant que la peau de ses joues s’arracha sous la trop grande tension de sa mâchoire ouverte. Le jeune homme relâcha un dernier souffle. Son dernier souffle. Dans un hurlement rauque, la jeune femme s’évanouit, ses longs cheveux blonds trempant dans le sang coagulant du bourreau de son petit ami. Jamais, elle n’aurait l’occasion de l’appeler « mon fiancer ». Jamais.


*
**


Le bambin trottine le long de la route, sautillant de temps à autre tel un spationaute sur la lune. Sa mère, à deux pas de lui, guette aux dangers de la vie et de la rue : aux jeunes délinquants agglutinées sur un banc comme des mouches sur des excréments. Aux voitures, véritables monstres métallique parfois aveugles face aux enfants. Aux hommes, tout simplement, d’une beauté et d’une horreur sans pareille.

- C’est ici maman ?
- Non mon chéri, un peu plus loin.

Le petit blondinet, dans un hochement de tête, se remet à trotter joyeusement, Les périples de la vie sont si loin pour lui et pourtant, tôt ou tard, il les affrontera. De cela, sa mère en est convaincue.

- C’est ici maman ? C’est ça ton nouveau magasin de coiffure ?
- Oui, mon chéri, c’est ça, répondit sa mère, dans un rire léger. C’est joli ?
- Oh oui ! J’aime bien le bleu !
- Merci mon ange !
- Au…ra….ras….. je n’arrive pas à lire, c’est quoi son nom ?
- Son nom ? Au rasé de près.
- Mais c’est pas beau ! Moi je l’aurais appelé « au super cheveux fantastique » ! Pourquoi tu l’as appelé comme ça ?
- Parce que mon chéri, des fois, dans la vie, on rencontre des épreuves qui nous change. Comme une chenille qui devient papillon tu vois ? On se transforme. On grandit. C’est ça la vie.
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MessagePosté le: Jeu 23 Mai - 17:10 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Enitu
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MessagePosté le: Mer 12 Juin - 13:42 (2013)    Sujet du message: [Nouvelle] Rasé de près ! Répondre en citant

Bon bah ça y est, je l'ai enfin lu.

Un avis mitigé sur cette nouvelle. l'idée en soi est plutôt bonne, mais je trouve qu'il y a quelques trucs par ci par là qui font que ça aurait pu être bien mieux.
Le premier truc qui m'a frappé, c'est quand Luna parle de rédemption. Je trouve le mot totalement hors de propos de sa part et je suspecte que tu as anticipé sur la suite de l'histoire. Pourquoi la volonté de changer passerait-elle par un rachat des pêchés ? A ce stade-là de l'histoire, Luna ne sait rien de David. Et à vrai dire, je ne comprends pas l'utilisation de ce mot-ci dans la métaphore que tu donnes.
Ensuite, je trouve que tu en fais trop dans le trash. J'ai tiqué sur le coup des ciseaux qui éjectent les gencives. T'as eu la main un peu lourde je pense sur ce coup là ... Je trouve que tu fais dans le superflu. Moins de surenchère aurait été mieux je pense, d'autant plus que la description est longue et à mon goût, trop longue. Je pense que quelque chose de plus court, tout aussi trash mais sans surenchère aurait eu plus d'impact.
Enfin, la chute me paraît moyenne. Là c'est plus une question d'interprétation qu'autre chose. Moi je suis resté sur la transformation du corps. La chenille qui devient papillon. Nouveau look, nouvelle vie. Le concept de changer de peau pour faire simple même si au fond c'est se changer soi pour se changer en soi. Du coup, voir que Luna change uniquement l'emplacement de son salon et le nom de celui-ci me paraît bien peu. J'aurai plus vu une transformation plus approfondie de sa part, peu importe la forme que tu lui aurais donné. Après le fait de reprendre les mots de son assassin est une bonne idée, elle se sert d'une épreuve subie et se la réapproprie. Mais je trouve que tu ne vas pas assez loin.


Je suis plutôt critique pour le coup ...
Au fait, David est parti deux fois sans payer. La première fois il sort comme si de rien n'était et la deuxième fois, il meurt. L'escroc !
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:16 (2017)    Sujet du message: [Nouvelle] Rasé de près !

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