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Les Carnets des Voyageurs - Livre II

 
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Phénix 'ODF' D
Chicken in Fire


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MessagePosté le: Sam 26 Oct - 11:27 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

!!! Annonce Importante !!!

Je suis occupé d'écrire la suite et la fin du premier "livre" des Voyageurs, le recueil de nouvelles. Ce recueil raconte la formation du groupe, ainsi que quelques informations sur leurs passé. Dans l'histoire que vous allez lire, il y aura quelques références, mais rien de bien spoilant. De plus, les fiches de personnages sont inscrite dans le premier livre (forcément, puisque ceci est le second livre - et on fait toujours les présentations la première fois qu'on se rencontre)

!!! Fin de l'Annonce Importante !!!

Les Carnets des Voyageur
Livre II - Le Royaume des Sept Îles


Enfin! Enfin! Après des mois et des mois d'attentes interminable, j'ai enfin le temps de lancer ce projet qui me tient réellement à coeur! Une vraie histoire, avec des personnages différents! Qui forme une vraie légende! OUAISSS!!!

Alors, je vous rassure : régulièrement, je posterai les autres chapitres dans le livre I. Il n'y en a que treize, plus la conclusion du caméo du prologue. L'histoire ici se passe trois ans après la rencontre de ces personnages. Le royaume, dont le nom se trouve dans le titre, est au bord de l'implosion. Les notables qui dirige la ville sont en conflit avec les différents peuples que regroupe le royaume: Le peuple de l'île de Sa, celui de l'île de Ïo, le peuple barbare de l'île de Norwagoth, les survivants de l'île de Grand'Boat, le peuple indigène de l'île de Vadro et ceux que les notables appellent les "Monstres" de l'île Fuji. La dernière île du Royaume n'est pas habitée, pour la bonne raison qu'elle est inaccessible. Malgré tout, le royaume en a fait sa propriété. Tous ces différents peuples souhaitent obtenir une certaine indépendance, cependant chaque île possède une forme de richesse que personne ne veut laisser filer. Les tensions ne font qu'augmenter au sein des différentes Chambres de Conseil. De plus, des actes suicidaires sont de plus en plus fréquent dans les villes de la huitième île, l'île principale, celle qui est trois fois plus grande que les autres, l'île de Verginald. Et pour couronner le tout, les récoltes de blé et de sucre sont de plus en plus mauvaises. Les tempêtes, les pluies torrentielles, les éboulis pour les régions montagneuses, ruinent les récoltes des plus démunis. Le peuple commence à s'échauffer, mais l'hiver qui va suivre va sans doute refroidir l'ardeur de plusieurs villages côtiers.

Dans ce contexte presque apocalyptique, un groupe de personne reviens dans ce pays qui les a rejetés comme des malpropres à cause de leur idéaux rêvés pour aider le peuple à se relever. Certains de leurs compagnons sont arrivés en avance. Mais cela n'est pas important. Désormais, le Groupe des Voyageurs, comme on les surnomme maintenant, est de retour pour faire sonner le glas de l'aventure et réveiller une population embourbés dans des problèmes politiques futiles.




Liste des Chapitres


~- Prologue -~
- Verset 0 -
- Verset 1 -


~- Chapitre Premier : La nuit du 3ème Miroir de Glenn -~
- Verset 2 -
- Verset 3 -
- Verset 4 -
- Verset 5 -
- Verset 6 -
- Verset 7 -
(Bientôt)



Paroles de la Mélodie "If you are a Passenger..."


*À venir*



Carte du Royaume






"Dix putains d'heures pour faire cette putain de carte! J'espère qu'elle vous plaît!"



A : Verginald

1= ???
2= ???
3= ???
4= ???
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R : Sa

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S : Ïo

48= Jork
49= ???
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54= ???
55= ???
56= ???


T : Norwagoth

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95= ???
96= ???
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99= ???


U : Fuji

79= ???
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V : Vadro

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W : Grand'Boat

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Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

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21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien


Dernière édition par Phénix 'ODF' D le Lun 11 Nov - 11:38 (2013); édité 7 fois
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MessagePosté le: Sam 26 Oct - 11:27 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 27 Oct - 21:02 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

John Readwrite a écrit:
Les Carnets des Voyageur
Livre II - Le Royaume des Sept Îles

~- Prologue -~


- Verset Zéro : Le retour -

« Les nuits froides se succèdent aux nuits froides… Les hivers sont aussi rudes que les précédents… La pluie est toujours aussi battante qu’autrefois… Les chênes sont les mêmes… Les peupliers aussi… Les pommiers également… Les chemins se font encore plus effacée, noyés sous les pas des pèlerins, quittant leurs misères pour une vie soi-disant meilleure à la ville… Les monts sont toujours aussi austère, leurs pics toujours aussi brillant aux aurores…
Non vraiment, rien n’a changé ici en trois ans. Tout est resté le même. À l’exception de la tête de ce pays. Rien n’est plus fou que de laisser la puissance dans les mains d’une bande de fous. Qu’a-t-il bien pu se produire ici, pour que la tête de nos ennemis se remplisse encore plus de pourriture ? Ces trois années ne leurs ont donc rien appris, à ces imbéciles ?
Aaah… Les effluves revigorants de mon enfance… Ça faisait bien trop longtemps que je ne les avais pas senties…
Très bien… Puisque le Royaume n’a rien compris et appris de ses erreurs, nous nous devons de lui inculquer cela de la manière forte. Hors de question qu’une puissance telle que le Royaume des Sept Îles ne déclenchent une guerre, à cause de dirigeants irréfléchis !
Il est temps que le Groupe des Voyageurs rentre au pays. »


- Verset Un : Présentation -


Bonjour, lecteur, et bienvenu dans le deuxième Livre des Voyageurs ! Si vous lisez ceci, j’espère que par chez vous, tout va bien. Que votre famille est nourrie, logée et blanchie. J’espère aussi que vous êtes bien installé, au chaud, dans votre canapé préféré, avec un verre de votre boisson chaude préférée dans votre main. Car l’aventure que vous allez suivre n’est pas de tout repos, et ses héros n’en sont pas moins que des marginaux, les plus célèbre de notre temps.
Ah, mais je manque à mes civilités. Permettez-moi de me présenter. Je m’appelle John Readwrite. À mon époque, j’étais un écrivain renommé. Aujourd’hui, à votre époque, cher lecteur, je crois que je ne suis plus qu’un nom sur une feuille de papier. Hum. J’en ris quand j’y pense. Mais je m’égare. Ce livre n’est pas là pour raconter mon histoire.
Non, oh que non. Ce que je m’apprête à révéler dans ces lignes, les dirigeants de mon Royaume seraient prêts à débourser des fortunes pour s’en accaparer. Et ensuite les broyer sans vergogne. Or c’est bien le pire qui pourrait se produire.
Cette histoire est complètement vraie. Rien n’est inventée, chaque dialogue, chaque scène, chaque lieu, tout cela existe ou a existé. Oh bien sûr, j’ai dû certainement enjolivé certains passages, afin de rendre cela plus épique… Mais l’essentiel est dit. Je vais vous laisser, donc, avec les Voyageurs. De tout mon cœur, je vous souhaite une agréable lecture. Car si celle-ci est agréable, vous saisirez mieux l’ampleur que ce récit peut avoir dans notre monde civilisé et moderne.
Le temps pour moi de changer de mine… Voilà… Et vous serez déjà passé au verset numéro deux…

_________________

Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

Citation:
21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien
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MessagePosté le: Sam 2 Nov - 12:07 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

John Readwrite a écrit:
Les Carnets des Voyageur
Livre II - Le Royaume des Sept Îles

~- Chapitre 1 : La nuit du 3ème Miroir de Glenn -~


- Verset Deux : La marée sous la pluie -


Un terrible orage sévissait au large des côtes de Verginald, l’Île-Montagne. La foudre zébrait le ciel autant que les marins le priaient de les laisser vivre une nuit de plus. La mer était agitée, et les vétérans sentaient sa colère. Le navire était secoué de partout, des petits soubresauts faisaient vomir les plus jeunes. L’équipage luttait avec difficulté contre les éléments, alors que les lieutenants hurlaient des ordres à tue-tête. Même le cuisinier et ses commis avaient été sommés de donner un coup de main. Cent-trente-huit bras se saisissaient des cordes goudronnées et les tiraient du mieux qu’ils pouvaient, tentant vainement de carguer les voiles. De temps à autre, une flaque de bile tombait sur le bois mouillée, ou sur le képi d’un marin, signe que la vigie était bien en vie, mais toujours malade.
Au bout de dix longues minutes qui semblèrent être des heures, la vigie hurla une parole qui se perdit dans le vent. Seul un mousse l’entendit, occupé qu’il était à apporter des cordes supplémentaire au timonier. Dans sa joie, il lâcha tout sur place, et se rendit en quatrième vitesse à la cabine du capitaine, c’est-à-dire au sommet du bâtiment quatre étages surplombant le navire à la poupe. Il frappa trois fois, et entendit un vague « Oui ! » de derrière la porte en bois. Alors, le mousse entra en force, et hurla à tue-tête :

-Capitaine ! Capitaine ! L’île est en vue !

Le mousse eut la surprise de tomber sur un personnage sombre, tournant dos à l’entrée, contemplant la mer avec fascination. Sans nul doute le Capitaine Varian van de Luckner. Celui-ci portait un long manteau en toile déchiré, troué, dont les lambeaux tombaient tristement contre lui. Au sommet de son crâne, son vieux tricorne reposait sur le côté de sa tête, dévoilant une partie de sa chevelure sale, raide. Sa main gauche était dans son dos, tenant un crochet rattaché à son bras droit. Quand le marin entendit le mousse parler, il tourna la tête, dévoilant un cache-œil qui masquait une vilaine cicatrice à son œil gauche. Un « tac ! » retentissant montrait qu’il portait une jambe de bois.

-Pardon, Jimmy ? Peux-tu répéter… ce que tu viens de dire… ? Dit-il de sa voix grave et profonde.

Le jeune garçon eut un sursaut de dégoût. Il ne supportait pas la vue de la cicatrice du Capitaine. Néanmoins c’est les yeux dans les yeux qu’il répéta l’information de la vigie. Varian resta un moment silencieux, en triturant sa barbe. Dans ses yeux brillait une lumière que le jeune Jimmy n’avait vu qu’à de très rares occasions. Soudain, Varian fut prit d’une énergie nouvelle, agitant son corps harassé, le lançant sur le pont à une vitesse sidérante. Une fois la face au vent et la barbe agité de mouvements compulsifs, le capitaine hurla à son équipage :

-Branle-bas de combat, messieurs ! Verginald est en vue, notre long voyage s’achève ! Un dernier effort, bandes de moules hardies !

Un brouhaha monta du pont principal, auxquels vint s’ajouter les rugissements de la mer déchaînée, faisant regretter cet instant de joie de la part des marins, qui osaient détourner son attention d’elle. Une lame plus puissante que les autres percuta le flanc gauche du navire, arrachant à celui-ci une dizaine de tonneaux de pommes, de rhum et de poudres. Les lieutenants reprirent de plus belle les marins à l’ordre, beuglant à s’en arracher la voix.
Varian appela l’un de ses plus fidèles lieutenants à son côté, Bageera Hudson, un naufragé noir de peau qui avait échoué dans une barque sur les côtes de Sa. L’homme, bâti comme une porte de maison, s’avança vers son capitaine de sa démarche lente, et dit de sa voix gutturale :

-Que vous faut-il, Capitaine ?

-Parle-moi, Bageera : As-tu eu vent de nouvelles des autres ?

Bageera fut tout d’abord surprit par cette demande, avant de répondre :

-Pas que je sache, Capitaine. En même temps, cela fait six mois que nous nous sommes tous séparés, et nous n’avons reçu quasiment aucune lettre de leurs parts. Je sais que vous avez foi en eux, mais peut-être faut-il se faire…

-Patience, mon ami, coupa Varian d’une voix ferme. Il ne faut perdre espoir. Ils auront survécu à la traversée. Je serais juste rassuré d’avoir de leurs nouvelles…


- Verset Trois : « Que soit la lumière ! » -


Le hurlement du vent au travers des pics enneigés assourdissait le voyageur, cette nuit-là. Des flocons en provenance des plus hauts sommets venaient chatouiller ses oreilles et son nez, pourtant emmitouflés dans une chaude écharpe de laine. Le crâne chauve était recouvert d’une fine pellicule blanche, donnant au voyageur un air de sucrerie, avec ses joues rouges et ses yeux rougis. Sa toge couleur terre glaise prenait des couleurs nouvelles sitôt que s’approchait la lanterne, éclairant le chemin. La puissance du vent était telle que le voyageur se sentait parfois soulevée de terre de quelques centimètres.
Le bâton de métal foulait la roche d’un bruit sec, dur, assourdi par la neige alentour. Venait juste après les cliquetis de ses douze anneaux, fixés au sommet du bâton dans un autre disque de métal percé de deux orifices. C’était ces petits bruits qui rassuraient le voyageur dans la tempête, car ils lui rappelaient qu’il n’avait rien à craindre des esprits des montagnes.
Le chemin de terre pris un virage à gauche. Le voyageur sentait dans l’air comme une odeur âcre, rappelant celle des feux de camps éteints depuis quatre heures. Cela lui rappelait de nombreux souvenirs… Mais il n’avait plus le temps d’y penser. Car déjà se dressait un imposant portail de pierre, composé de granit et de quartz jaune, délimitant la vaste propriété des moines. Il eut un soupir de tristesse en voyant les deux battants massifs, lourds de plusieurs tonnes et haut comme cinq fois sa taille, explosés et éparpillés autour de l’endroit. « Ainsi donc, ils ne m’avaient pas mentit… », Pensa-t-il avec un pincement au cœur. Il enjamba quelques gravats gênant son passage et entra à l’intérieur du portail. Là aussi, les dégâts étaient importants : Les noms de tous les moines ayant vécu dans ce temple avaient été à moitié effacés. Certains à cause du temps et des tempêtes, d’autres à cause de l’explosion ayant arrachés des gravats un peu partout. Au sommet de ce portail était gravé le nom du Père, celui que personne ne devait prononcer au Temple, car il était sacré. Le voyageur chercha le sien, perdu dans les centaines de lignes à moitié détruite. Par chance, il avait été épargné.

« Shao Leng »


L’émotion qui lui prit la gorge fit couler une unique larme le long de sa joue. Détournant le regard, il traversa les derniers mètres avant de replonger dans la tempête de neige.
Le moine Shao Leng. C’est ce qu’il était, il y a trois ans, avant que l’histoire des Voyageurs ne le jette sur les routes. Autrefois irréfléchi, il est devenu quelqu’un de sage aujourd’hui, qui connait la puissance des émotions, et leurs pouvoirs dans ce monde. Rester impassible, ne rien dévoiler sur son visage, voilà la clé de sa survie durant ces dernières années de cavales. C’est pourquoi il refoulait ses émotions au plus profond de lui-même.
La route montait, à présent. Bien plus raide que le chemin qu’il avait parcouru ces trois dernières heures, elle partait en colimaçon autour du pic montagneux, avant de laisser place à des escaliers délavés et fissurés par endroit. Pour les voyageurs peu habitués aux hauteurs, ce rude exercice d’escalade avait pour but de purifier l’esprit du voyageur de toutes ses pensées négatives, afin de ne pas polluer l’air sain des montagnes. Les moines, eux, étaient rodés à ces escalades sans fin.
Au bout de dix minutes qui lui semblèrent des heures, Shao Leng arriva enfin au sommet. Là, nichés dans les creux du pic, se dressaient les ruines du Temple. Les murs de granits n’avaient pas survécu aux attaques massives de l’armée. Et pourtant, le Père savait à quel point ceux-ci étaient solides. Quatre hauts bâtiments s’élevaient jadis, autour d’une place carrée, aux extrêmes limites de l’à-pic. L’un d’entre eux étant relié aux escaliers, une arche d’entrée avait été aménagée en son sein. Le quatrième bâtiment, celui en face de l’entrée, était le plus imposant. Haut de six étages, il était surmonté d’une immense cloche en or. Désormais, il ne restait plus rien. Même la petite place était perforée à plusieurs endroits.

Ce qui frappa Shao Leng fut l’odeur âcre et cadavérique qui emplissait l’endroit. Elle était telle qu’il dut plisser le nez. Le vent soufflant très fort, il masquait ces odeurs durant toute la montée de la montagne. Mais à présent que le moine se trouvait au sein même du lieu d’émission de l’odeur, elle montait au nez comme la neige couvrait le sol un soir d’hiver.
Il resta là, planté sous l’arche d’entrée, à contempler ce paysage mort à la lumière de sa lanterne. Quand il eut fixé les débris de tout son soûl, il se secoua et s’avança lentement dans la neige immaculée. C’était bien la première fois qu’il voyait de la neige au Temple. Il n’y en avait pas dans son souvenir.
Passant sa lanterne au dessus de la neige, il donnait de légers coups de bâtons au travers de celle-ci afin de ne pas tomber bêtement. Mais il n’était pas venu ici pour rien : Il cherchait quelque chose, un objet très précieux dont il avait possession trois ans plus tôt et dont il avait le souvenir d’avoir perdu ici, sur la place. La neige brillait à la lueur de la lanterne, cependant l’éclairage n’était pas au top, vu l’absence de la Lune dans le ciel.

Au bout de vingt minutes de recherches infructueuses, il décida de recourir à un procédé qu’il avait appris durant ses voyages avec les Voyageurs : il ouvrit la vanne de sa lanterne au maximum, brisa les quatre vitres de celle-ci, plaça l’objet au centre de la place, devant lui, et il ferma les yeux. Il se concentra profondément, dans son esprit, sur l’image d’une flamme tellement grande qu’elle éclairerait tout le pic de sa lumière. Une fois que cette image fut gravé dans sa tête, il leva son bâton de métal, et l’abattit sur la lanterne en hurlant au vent :

-Que soit la lumière !


- Verset Quatre : Une motivation -


Oh ! Cher lecteur, je m’aperçois que j’ai oublié de vous parler de quelque chose. Quelque chose qui pourrait vous paraître anodine, mais qui a malgré tout son importance.
Je suppose que vous savez ce qu’est une motivation. C’est un objectif que l’on se fixe est qui, pour être atteint, nous oblige à accomplir des actes, souvent quotidiens, parfois extraordinaires.
Dans mon introduction, je m’aperçois que la « motivation » des Voyageurs n’est pas tout à fait explicite. On pourrait même dire qu’elle est plutôt floue. C’est une erreur de formulation de ma part, j’aurais dû m’en rendre compte.
Oh, veuillez m’excuser, je vais devoir en reparler plus tard, de la visite m’attends. En attendant, vous pouvez poursuivre votre lecture, si cela vous chante.


- Verset Cinq : « Y’a un trou dans ma barque ! » -


Au large de l’île Ïo, la mer était bien plus calme. Le vent soufflait toujours, mais avec beaucoup moins d’intensité. Les vagues se faisaient rares. Dans les criques de l’île, des méduses remontaient à la surface, petites lumière violettes, roses, indigo dans cette sombre nuit. Ces méduses étaient exclusives à cette île, elles ne vivaient nulle part ailleurs. La raison était simple : les roches qui garnissaient les trois baies de l’île. En plus d’être remplies de microcristaux se dissolvant dans l’eau salée que consommaient ces méduses, l’eau d’ici était brassée régulièrement par les courants alentours de l’île, amenant toujours plus de nutriments et de nourritures animales diverses. D’où l’importante population de ces jolies mais toutefois mortelles méduses.
Pourquoi parler de ces méduses ? Car dans l’ombre de la mer surgit soudain une petite barque, couvertes d’algues et d’écumes, dont les rames étaient rangées à l’intérieur et dont le passager était profondément endormi. Chapeau de cuir sur la tête, sac à dos en guise d’oreiller, grosses chaussure de voyages au pied, équipement d’exploration complet, et le ronflement aussi puissant que le tonnerre au loin. Le bruit de ses ronflements attira nos chères méduses, qui s’agglutinèrent en masse autour de la barque.
Les lumières colorées réveillèrent doucement l’explorateur. S’étirant de tout son long et baillant à s’en décrocher la mâchoire, il souleva son chapeau et fut très surpris de voir des lumières tout autour de lui :

-Ah tiens… Des aurores australes… C’est pas la saison, pourtant… ?

En regardant mieux, il s’aperçut très vite que de longs filaments s’enroulaient autour de ses affaires. Cela, ajouté à l’agréable odeur que dégageaient certaines de ces méduses, le fit comprendre dans quel danger il s’était encore empêtré.

-Merde !

Ni une, ni deux, il dégaina de son sac un long manche de bois, terminé par des milliers de petits fils de cuir aussi long qu’une épée, et l’agita sèchement tout autour de sa barque. Une série de claquements secs se firent entendre soudainement. Apeurées par les cuisantes brûlures et les bruits stridents, les méduses s’éloignèrent en vitesse, non sans emporter quelques sacoches de vivres. Debout sur sa barque, martinet au poing, Jeof’ la Vadrouille en haletait encore, de la sueur perlant de son front barré d’une cicatrice jusqu’à sa barbe de trois jours. Ses yeux bleus fixaient les horizons à la recherche de lueurs colorées, tandis que sa langue passait sur ses lèvres sèches.

-Bon, je crois que c’est bon, dit-il avec soulagement.

Il avait parlé trop vite. Dans son agitation, il n’avait pas sentit l’eau qui s’infiltrait lentement dans sa barque. En réalité, lorsqu’il avait agité son martinet, il avait fait remuer son embarcation, et celle-ci avait heurté une petite excroissance rocheuse, à peine émergeante. Depuis, l’eau s’infiltrait lentement dans la barque, mouillant ses affaires lentement. Quand il s’en aperçut, il avait de l’eau jusqu’au mollets.

-Aaaah ! Y’a un trou dans ma barque ! S’écria-t-il, soudain paniqué. Vite ! Vite ! Je fais quoi ? Je fais quoiii ?! Ah ! Je sais !

En deux temps, trois mouvements, il empaqueta ce qui n’était pas trop humide dans son grand sac, le plaça sur son dos, et sauta à la mer. Heureusement que son sac était imperméable une fois celui-ci bien fermé et fixé. Il sortit la tête de l’eau avec difficulté, son sac le gênant dans ses mouvements. Son chapeau pendait tristement sur sa tête, déversant des gouttes dans ses yeux.
Face à lui, il y avait une ligne de rochers émergeant de la mer. Ces monstres noirs avalèrent sa barque en un rien de temps, quand celle-ci vint s’écraser sur eux. Jeof’ avait eu de la chance : S’il était resté une minute de plus à bord, il aurait terminé sa vie empalé sur une pointe rocheuse.
« Bon… Maintenant, où suis-je… ? pensa-t-il avec amertume. J’ai pas souvenir qu’il y avait des rochers dans la mer, à Verginald… »
Une série de petites lumières roses et violettes se mirent tout d’un coup à briller dans le fond de l’océan. Jeof’ eut soudain une image dans sa tête représentant un arbre couvert de fleurs multicolores qui finirent par masquer son feuillage émeraude.

-Et merde… Murmura-t-il pour lui-même.


- Verset Six : La salve salvatrice de Slave -


Pareille aventure était presque arrivée à un navire de croisière il y a une semaine, à la différence que l’accident ne fut pas provoqué par des méduses. Alors que celui-ci voguait paisiblement vers les côtes d’Ïo, un banc de requin s’est soudainement attaqué à la coque, et ce sans aucune raison valable : Il n’y avait pas de chair fraîche disposé sur la coque, ni aucune trace de sang dessus. Mais les requins ont malgré tout déchiqueté la coque en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Les animaux fous ont ensuite bondi sur la coque avant même que le navire n’ait sombré. Trois d’entre eux ont attaqués les notables présents avant que le reste des touristes ne s’enfuient vers les ponts inférieurs. Mais par manque de chance, deux autres requins les ont suivit avidement. Ceux-ci provoquèrent un vent de panique dans le navire. Les cuisiniers, les mousses, les touristes, personne n’a su comment stopper l’invasion de ces monstres, au point où même le Capitaine y a laissé sa jambe gauche
Et c’est à cet instant précis qu’une série de coups de feu a retentit de l’intérieur du navire, suivit juste après de deux grondements de douleurs.
Les armes à feu sont fréquemment utilisées dans le Royaume, même si la présence d’arcs à flèches est encore à noter. Mais aucune arme à feu ne produisait de détonation aussi puissante que celle-ci. Les touristes pensèrent d’abord qu’un des marins avaient ouvert le feu sur les requins avec un canon, avant qu’une immense silhouette n’émerge des ponts intérieurs, traînant les cadavres d’une main et tenant une arme encore jamais vu de l’autre.
Ce héros sortit de nulle part a reçu les hourras des touristes encore en vie sur le pont. Mais il n’en a tenu cure. Braquant son arme en direction des requins restants, il les a abattus avant que ceux-ci n’eurent le temps de bouger.
Après cela, celui que les nobles surnommèrent « Le Chasseur » les escorta jusqu’à la plage, situé non loin de l’épave. Et dès l’instant où ceux-ci furent en sécurité dans la ville de Jork, il disparut dans la forêt, emportant avec lui les trois derniers requins.
Et depuis trois jours, cet homme vivait comme un sauvage dans la forêt de Ïo, bien loin des excités de la ville. Enfin, « sauvage » n’est pas le terme exact, car il s’était dressé une tente, avait entretenu un bon feu de camp, s’était servi de la peau de requin pour consolider ses vêtements et le fourreau de son poignard. Disons plutôt qu’il avait vécu trois jours durant en ermite.
Cet homme, c’était Gunther Slave. Et plus tard dans la soirée, il allait recevoir une visite dans son campement.
Mais pour l’heure, il se trouvait à l’entrée de sa tente, broche à la main, cadavre de biche à ses côtés et morceau de viandes cuisants à la chaleur d’un bon feu. L’arme étrange de Gunther reposait à côté de lui. Elle n’était pas chargée, sinon il la porterait dans son dos. Il avait le crâne rasé de près, seul un légère couche de cheveux nappait encore son crâne rond. Une longue cicatrice marbrait sa tête. Elle partait du haut de son crâne, suivait le contour de son œil droit, passait sur son cou, jusqu’entre ses deux pectoraux, où elle se terminait en une étoile à neuf branches.
Le commun des mortels ne l’aurait pas entendu, mais l’oreille d’un chasseur ne laisserait jamais passer ce craquement de branches, qui parait assourdissant, pour lui… Un simple regard confirma ses pensées… Un long reniflement hérissa les poils de sa peau…
Quelque chose approchait. Quelque chose d’inhumain.


- Verset Sept : Le chasseur de femme -


En ville, les rumeurs couraient sur les exploits qu’avait accomplis un homme seul face à un banc de sept requins des baies. Des animaux peu commodes s’il en est, pourtant il les avait abattus de sang froid sans verser une goutte de son sang. En une semaine, les récits des uns étaient très différents de ceux des autres. Cependant, c’était ce qui en ressortait principalement.
La ville de Jork était une petite ville située le plus à l’est de l’île d’Ïo. Petite bourgade dont le principal atout est de posséder en son sein même une petite mine de fer, ses gens étaient riches sans pour autant vivre dans l’opulence. Tout le monde se connaissaient, que ce soit les hommes, mineurs en grande partie, se retrouvant dans la grande taverne de la place ; ou les femmes, tisserandes et marchandes en générales, qui discutaient affaires dans les halls de ventes de part et d’autre de la ville. De ce fait, c’était principalement de Jork que les rumeurs prenaient sources.
Quand l’annonce d’un autre naufrage, dans la baie est de l’île, avait atteint les oreilles des Jorkiens, c’était comme si un terroriste avait incendié une ville. Tout le monde parlaient, chuchotaient, hurlaient, des scoops aussi faux que nombreux. Toutes les femmes voulaient être les premières à détenir le scoop qui feraient taire les commérages.
Dans ce brouhaha incessant, la taverne était pleine à craquer ce soir-là. Les couples étaient venus par dizaines afin de discuter plus longuement de ces incidents, et de leurs conséquences sur le commerce local. Car c’était là la préoccupation principale des Jorkiens : allaient-t-ils recevoir leurs commandes à temps ? Leurs marchandises pourraient-elles rejoindre Verginald tranquillement ? Allaient-ils devoir vendre leurs boutiques à des étrangers de l’île ?
Au centre de ces discussions, une femme entra dans la taverne sans que personne ne la remarque. Vêtue d’un paréo couleur herbe, elle s’avança parmi toutes ces personnes habillés de noirs, de roses, de gris ou de violet. Toutes les tables autour d’elle était prises, cependant elle avisa un tabouret de bois laqué à l’extrémité du bar qui venait de se libérer. Elle s’y assit et rajusta son capuchon sur sa tignasse rousse. Le tavernier, voyant une nouvelle cliente, s’avança d’un pas lourd vers elle.

-Quoi ? Demanda-t-il d’un ton bourru.

Il n’appréciait pas tellement les étrangers.

-Un verre de votre meilleur boisson, s’il-vous-plaît, murmura la jeune femme d’une voix d’ange.

En entendant ce timbre de voix, si rare dans la région, l’homme ne sut que répondre. Il bégaya, tenta d’articuler quelque chose, mais tout ce qu’il parvint à dire fut :

-De… de… delabièredel’abbayedeFarsque…

-Pardon ? Je n’ai pas bien compris… Fit-elle, un air d’incompréhension perçant dans sa voix.

Rouge de honte, le tavernier se racla la gorge et dit :

-J’ai… j’ai une bière de l’abbaye de Farsque… Un breuvage excellent, mais très alcoolisé…

-Oh ! Merci bien, cela devrait me convenir, acquiesça-t-elle.

Se confondant en excuse, le tavernier s’en fut dans sa cave.

Autour de la jeune femme, les conversations allaient bon train. La nouvelle venue avait l’ouïe fine, aussi elle entendait parfois les théories les plus farfelues en provenance de l’autre bout de la taverne. Sous son capuchon, un léger sourire se dessina quand elle entendit un homme ventru expliquer avec force et arguments, à une troupe de femmes buvant ses paroles, que le navire n’avait pas été attaqué par des requins, mais par des barbares excentriquement habillé, parlant une langue incompréhensible et jetant des regards hagards partout autour d’eux. Quand elle entendit le mot « barbare », elle pensa immédiatement à l’une de ses connaissances, devenu par la suite un bon ami, qui avait le goût de faire parler de lui, quoi que fut la situation dans laquelle il fût embourbé.
Dans les méandres de ses souvenirs, elle ne vit que de très loin le tavernier remonter de sa cave, des toiles d’araignées pleins les cheveux et de la poussière sur le bout de son nez pointu, avec une bouteille en verre teintée remplie d’un liquide roux. La bouteille était estampillée au nom de l’abbaye par une gravure stylisée.

-Voilà, madame, dit l’homme pas peu fier de son produit. J’espère qu’elle sera à votre goût, je la tire de mon fût le plus frais.

-Merci beaucoup, monsieur, fit-elle d’un air absent.

Le tavernier débouchonna la bouteille, sortit un verre de l’une de ses armoires et versa le breuvage jusqu’à la dernière goutte, avec la précision d’un chirurgien. Sur l’île, on avait l’habitude de conserver les bières dans leurs fûts d’origines et de les remplir en bouteille uniquement à la demande d’un client. Elles étaient rebouchées car on pensait que des esprits malveillants pouvaient se glisser dans la bière et la faire tourner, ce qui était, bien entendu, ridicule.
Pendant qu’elle savourait le liquide, le tavernier l’observait d’un œil un peu distrait. Il faut dire que le pauvre homme n’avait pas vu de femme aussi mystérieuse dans son établissement depuis des lustres. Les femmes d’ici étaient toutes aussi droite que des poutres, et aussi féminines que des putois habillés d’une robe. Même les jeunes filles étaient vêtues de ces stupides robes grises avec un corset trop serré à leurs tailles et de ces espèces de tutus en flanelle ridiculement trop petits. Cela faisait trente ans que l’homme rêvait d’une belle femme, maquillée, avec des petites manières très sexy et surtout, de l’argent plein le porte-pièce. Le dernier naufrage avait ramené une dizaine de femmes de Verginald (donc forcément des femmes féminines), mais toutes avaient un mari.
Sans le savoir, il avait posé sa tête sur ses mains, ses coudes sur le bar, et observait sans retenue la jeune femme tandis qu’il était dans ses pensées. Petit à petit, la taverne entière finit par remarquer l’attitude étrange du tavernier, et de ce fait, la présence de l’étrangère dégustant la bière. Un petit moment de silence s’installa dans la salle, suffisant pour que le tavernier remarque qu’on l’observait avec insistance. Encore plus rouge que la bière de l’étrangère, il claqua des mains et lança à tue-tête :

-Margaret ! Margaret, s’il te plaît, joue-nous un air de piano ! Les clients commencent à s’ennuyer !

Une jeune fille d’à peine quinze ans surgit instantanément d’une pièce adjacente au bar, habillée d’une longue robe rose, portant des sandales noires, des chaussettes blanches et un serre-tête blanc surmonté d’une rose. Elle s’installa au piano situé dans un coin de la salle, respira un bon coup, et entama une mélodie lente et sobre.
Après les premières notes, les clients finirent par détourner les regards du tavernier et reprirent leurs discussions au point où ils l’avaient laissé. Cependant, personne n’ignorait l’étrangère, surtout les femmes qui lui jetaient fréquemment des regards austères.

-Ne prêtez pas attention à ces gens, madame, lança le tavernier après qu’une vieille dame l’ait dévisagé longuement, de la tête aux pieds et des pieds à la tête. C’est une ville morne, sans grande agitation, où la population a ses habitudes et ses tabous. Les étrangers sont rares et inutiles, ici.

-Vous ne semblez pas de cet avis, cher monsieur, répliqua-t-elle d’une voix amusée, faisant allusion à l’incident survenu juste avant.

-C’est que, dit-il d’un air confus, je n’ai plus l’habitude d’avoir parmi mes clients des jeunes femmes aussi belles que vous…

Le compliment semblait avoir fait mouche. La jeune femme remua très légèrement de la tête, libérant une mèche de cheveux roux et bouclée.

-Merci, souffla-t-elle.

-De rien. C’est moi qui vous remercie, mademoiselle…

-Vous disiez tout à l’heure que les gens avaient leurs habitudes, dans cette ville…

-C’est exact. Les dames sont des vieilles mégères ancrées dans leurs petits mondes parfaits, huilés comme des horloges.

-En est-il de même pour les ragots ?

-Ah ça, s’exclama-t-il, si vous cherchez quelque chose à colporter, vous êtes au bon endroit ! Il n’y a que ça ici ! Les petites dames sont des expertes pour dénicher la dernière information de Verginald ou d’ailleurs.

-Donc, si jamais je devais retrouver quelqu’un sur l’île, je suis au bon endroit ?

-Exactement. Tout le monde ici sait où sont les célébrités à la journée près !

Le sourire de la jeune femme s’élargit.

-Et vous, bel homme, que savez-vous ?

Le tavernier sembla se gonfler comme un ballon. Bombant le torse et bandant les muscles, il mit bien en valeurs ses biceps saillants. Il prit sa voix la plus veloutée, s’approcha de la jeune femme et murmura :

-Qu’avez-vous besoin de savoir, mademoiselle ?

La musique prit des tournures plus dynamiques. La jeune Margaret virevoltait sur son piano avec grâce et légèreté.
La jeune femme s’approcha du tavernier, prit son menton entre deux doigts aux ongles vernis, et lui susurra :

-Je cherche un chasseur…

-Quel genre de chasseur ?

-Le genre à conquérir le cœur des femmes.

Le tavernier sentit ses oreilles rougir et chauffer.

-Vous croyez qu’il est ici ?

-J’en suis sûr.

Les lèvres de la jeune femme étaient à quelques centimètres de la joue du tavernier. Celui-ci sentait le souffle chaud de celle-ci, l’odeur fruitée de son haleine, le parfum de sève partant de son cou. Il ne voyait pas son visage, car celui-ci était plongé dans l’ombre de son capuchon. Elle déposa un baiser sur sa joue. À l’instant même, des myriades d’émotions explosaient dans son cerveau en une seule seconde. Quand les lèvres de la jeune femme se décollèrent de sa peau, il se redressa, sortit du bar et désigna l’escalier caché derrière un rideau d’une main, et murmura à la jeune femme :

-Si vous voulez bien vous donner la peine, mademoiselle…

Flattée, la jeune femme grimpa les marches lentement, tout en écoutant l’homme hurler dans toute la salle :

-Bon maintenant, la soirée est finie ! Déguerpissez de ma taverne, ou je vous jette dehors, bandes de commères !


- Verset Huit : Le cheval blanc -


Les vastes steppes sauvages de Verginald. Un lieu totalement silencieux, à quelques collines du grand désert. Les seuls êtres vivants sont des petits lézards et les rares voyageurs qui osent braver ces landes. Plusieurs jours à cheval étaient nécessaires afin de la traverser de long en large. La lune était haute dans le ciel, néanmoins des nuages venaient parfois obscurcir son éclat argenté. Or, la lumière de la lune était essentielle dans ces contrées où les habitations et les sources de lumières se faisaient rares. Et là où la lumière est inexistante, les esprits et les sortilèges sont légions au sein du Royaume des Sept Îles.

Malgré cela, un homme galopait à toute allure aux travers de ces plaines. Un magnifique cheval blanc soulevait la poussière à la force de ses sabots, aplatissant l’herbe tendre à chacun de ses pas. Son cou était tendu comme un fil à linge, et ses naseaux crachaient de la buée avec force. Sa longue crinière couleur paille claquait au vent, tandis que son cavalier était courbé sur son encolure. Un habit en toile couleur saphir collait au torse de l’homme, à cause de la transpiration.
Le visage de l’homme fixait l’horizon avec un air déterminé, mais une lueur inquiète brillait au fond de ses yeux. Il était arrivé sur Verginald il y a trois jours, et les rumeurs qui couraient en ville ne l’avaient pas rassuré pour autant. Cela avait même eut l’effet inverse. Sitôt qu’il avait pu, il avait sauté sur son cheval et s’en était allé dans les steppes.
Il sentait son cœur se serrer au fur et à mesure qu’il approchait de l’ancienne bâtisse, vestige de son époque révolue. C’était un ancien palais, se dressant entre deux collines au centre des steppes. Dès l’instant où les hautes tours biscornues furent en vue, un vent assez fort se leva, soulevant le sable autour du cheval blanc. Petit à petit, un chemin de terre meuble, d’un ton plus clair que le sable steppique, se dessina sur le sol, serpentant entre les monts et les bosquets. Celui-ci menait à une première muraille, faite de pierre brute couleur nuit surmontée de pics en acier, rouillée par le temps et la pluie. Derrière elle, un immense fossé cernait l’immense propriété planquée derrière une autre muraille, plus fortifiée encore que la première. Celle-là comportait trois couches de pierre grise, renforcée par plusieurs plaques d’acier. Des barbelés et des pointes d’acier polies garnissaient les sommets de cette muraille-là. Au creux des deux murs étaient percés une entrée stylisée, composée d’une arche haute et, dans les souvenirs de l’homme en tout cas, de deux battants en acier. La deuxième entrée était renforcée par une herse en métal. Le château en lui-même était un immense bâtiment réparti sur trois étages, eux-mêmes se divisant en une myriade de tours et de tourelles. Deux ailes partaient du bâtiment principal, s’évasant en V sur les côtés. Chaque aile était surmontée de cinq pointes se terminant en croix et où flottait jadis les oriflammes du palais.

Sous les sabots de l’animal, un pont à moitié détruit faisait la jonction entre les murailles. L’homme vit avec effarement la herse, pourtant réputé infranchissable, indestructible, inaliénable, gisant sur le sol entre le pont et l’entrée. Le cheval posait ses sabots précautionneusement entre les trous de la herse, tandis que l’homme avisait le château aux murs éventrés par l’effroyable puissance de son adversaire. Il soupira.
-Et dire qu’avant, peu de gens nous résistaient… Songea-t-il pour lui-même.
Soudain, il entendit un grondement sourd. Un raclement rauque, effréné, inquiétant. Suivit d’un profond soupir. Une bête sauvage, sans aucun doute. Le cheval s’arrêta net. L’homme aussi. Ce qui avait prit l’homme aux tripes était la provenance de ce cri – à savoir de l’intérieur du palais – et sa force. En effet, l’homme entendait ce son nettement, comme si l’animal se trouvait juste derrière lui.

-Ça… ce n’est pas qu’un simple ours…

Une fenêtre explosa au deuxième étage, un meuble vola et s’écrasa sur le sol. Il vit alors avec un haut-le-cœur un œil gigantesque, aussi rouge que le sang palpitant dans ses veines. Cette fois-ci, plus de doute.

-Il se trouve dans la chambre de Roland, le saligaud ! S’écria Perceval de Godefroie, avant de talonner son cheval.


- Verset Neuf : Du café sur la table -


Aaah ! Ce n’est pas vrai ! J’ai versé du café sur ma table de travail ! Et zut ! Je vais devoir tout nettoyer, maintenant !
Rah là là… Chers lecteurs, je suis embarrassé, j’espère que mon maigre travail n’a pas été abîmé pour rien… Bon, je nettoie ça, et je reprends l’écriture de mes pages blanches… Ah là… Quelle misère… Tout ça pour une bouteille d’encre neuve…

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MessagePosté le: Sam 2 Nov - 22:41 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

Je vais faire quelques critiques sur ce que tu viens de poster (la flemme de relire ce que t'as écrit avant mais on va faire l'hypothèse que mes remarques sont également valables pour avant):

-En dehors des quelques fautes restantes (un détail), tu as parfois des tournures de phrases maladroites, càd que ça reste tout à fait compréhensible mais ça fait un peu bancal. ex:"Mais il n’avait plus le temps d’y penser. Car déjà se dressait un imposant portail de pierre[...]", en une phrase avec virgule plutôt qu'en deux; Autre ex:"La raison était simple : les roches qui garnissaient les trois baies de l’île. En plus d’être remplies de microcristaux se dissolvant dans l’eau salée que consommaient ces méduses, l’eau d’ici était brassée régulièrement par les courants alentours de l’île[...]", je mettrais cette fois-ci tout en une phrase, ou alors avec une tournure différente parce que ça fait un peu bizarre là.
-Parfois un peu de redondance sur les expressions. Ex: "Au bout de dix longues minutes qui semblèrent être des heures" qui est dans le verset 2 et dans le verset 3 (à un mot près), là soit tu veux jouer volontairement sur la répétition et dans ce cas tu remets exactement la même expression, soit tu trouves autre chose; autre ex: "[...]j’ai oublié de vous parler de quelque chose. Quelque chose qui pourrait vous paraître anodine[...]", remplace le deuxième "qque chose" par "un détail" par exemple
-Sur le style maintenant, j'aime bien l'idée des transitions dans le style du verset 4, mais je trouve que tu vas pas assez au fond de ton idée, résultat je trouve que ça sonne maladroit et pas authentique ("Oh, veuillez m’excuser[...]" notamment). J'ai l'impression que tu veux en faire un vrai entracte de ce genre de chapitre afin de faire redescendre la tension, du coup ça serait cool de travailler un peu la personnalité du personnage de l'écrivain pour qu'on puisse le trouver crédible (donc par ex pousser un peu plus son apparent problème de négligence).
-J'arrive pas à être sûr si les chapitres hors transitions sont censés être racontés par l'écrivain ou avec un narrateur omniscient et non-personnifié. Quand je vois une expression comme "nos chères méduses", ça me fait bizarre, parce que tout le reste semble être raconté par un narrateur immatériel et soudain ça devient personnifié, donc soit tu enlèves ça (ce qui en l'occurrence reste le + simple pour le travail de retouche) soit tu fais en sorte que dans notre lecture on ait toujours l'impression que c'est l'écrivain qui raconte l'histoire avec son point de vue (quelques allusions habilement placées, des trucs genre "mais ça, il ne l'apprit que plusieurs années plus tard", j'espère que tu vois mon idée ^^).



Voilà, j'espère que c'est constructif comme critique. Du coup le reste me botte bien, j'ai pas spécialement de commentaire à faire, j'ai pas mal écrit mais dans l'ensemble c'est chouette hein ^^
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MessagePosté le: Sam 2 Nov - 23:24 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

Merci K ^^

Déjà, c'est bien gentil de l'avoir mis en avant dans l'intro au forum ^^

ensuite.

-1er remarque: quand j'écris les Carnets des Voyageurs, je le fais toujours quand je sens que j'ai une bonne veine, quand je sens que je vais écrire qqchose de bien. De ce fait, les tournures de phrases sont celles qui me viennent directement, sans que j'ai besoin d'y réfléchir (dans ces cas-là, j'arrête car je sors de ma bonne veine). Les tournures peuvent donc être maladroite, si tu trouves que c'est le cas. Néanmoins je trouve qu'elle donne un certain cachet à l'histoire, que je n'ai pas dans mon livre (enfin, différemment). Mais après, si certaines tournures te gêne, passe les moi, et je verrai s'il y a lieu de les modifier

-2ème remarque: là est le seul défaut de mon style d'écriture: les redondances dans les expressions (quoique je trouvais que ça allait...)

-3ème et 4ème remarque: en fait, les carnets sont écrit par le narrateur du verset un. j'avoue que le coup des méduses est du à mon inspiration du moment, je corrigerai ça par après. Mais tout est écrits par lui, et parfois il interviendra de manière ponctuelle; parfois pour faire redescendre la tension, parfois non. tout dépendra de mon humeur.

j'avoue que j'écris cette fic à grand coups d'inspirations du moment. Y'a que la trame principale qui est prévu, le reste est que de l'impro. Pour preuve: je savais que Jeof' allait avoir un souci de barque, mais pas que ça allait être des méduses, ni que celles-ci brilleraient comme ça. xD

Sinon, niveau de l'histoire en elle-même, tu ne donne toujours pas d'avis?
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MessagePosté le: Dim 3 Nov - 13:36 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

Ok bah si c'est vraiment un choix de style à affirmer, j'ai rien à redire, ça sera juste une question d'habitude. Pis bon, de toute façon tout écrivain fait des relectures plus tard pour faire des corrections, avec le recul tu pourras voir toi-même s'il y a lieu de corriger. Au final c'est pas bien méchant.

Au niveau de l'histoire, comme je disais, j'ai pas grand chose à dire, ça me plait bien et je n'ai pas de critique à faire dans l'immédiat.
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MessagePosté le: Dim 3 Nov - 14:53 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

Citation:
Ok bah si c'est vraiment un choix de style à affirmer, j'ai rien à redire, ça sera juste une question d'habitude. Pis bon, de toute façon tout écrivain fait des relectures plus tard pour faire des corrections, avec le recul tu pourras voir toi-même s'il y a lieu de corriger. Au final c'est pas bien méchant.


J'peux comprendre que c'est un style qui ne plaît pas à tout le monde. Mais en même temps, c'est écrit dans le titre: "carnet des voyageurs". Un carnet des voyageurs, soit un carnet de voyage ne se réfléchit pas. Il s'écrit à l'instinct. En voyage, t'as pas forcément le temps de penser à l'orthographe ou à l'enchaînement des idées. D'où ce choix délibéré de style.
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MessagePosté le: Sam 23 Nov - 15:40 (2013)    Sujet du message: Les Carnets des Voyageurs - Livre II Répondre en citant

Nouveaux versets, après deux semaines d'absence! La suite arrive demain, si j'ai bien calculé
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