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Dis moi toi l'enfant, de quoi as-tu peur ?

 
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celeglin
Darth


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MessagePosté le: Jeu 21 Nov - 02:57 (2013)    Sujet du message: Dis moi toi l'enfant, de quoi as-tu peur ? Répondre en citant

Vas y crevard où c'est que tu planques tes ombres? Celles qui nous rongent la nuit entre les murs trop mous. Qu'est ce que t'as à perdre ? Moi maintenant je sombre. Vas y fais toi plaisir avec tous ces souvenirs qui s'évaporent et que tu dévores. Il n'y a plus de rêves, juste de la place pour tous ceux qui crèvent. La gueule ouverte, à la recherche d'oxygène, ils sont beaux ces cadavres les yeux crevés de trop avoir rêvés.

Toi le temps qui jamais ne t'arrête, t'en as pas marre ? Toujours à aller de l'avant, sans jamais un regard pour ce qui est passé. T'as pas envie de revenir en arrière, de corriger nos erreurs ? Toujours droit sur tes jambes et sur la route que tu avales. Et tout ce sable que tu sèmes et que moi j'avale la bouche close, les yeux grands ouverts, tes résidus, la poussière de jadis. T'as pas mieux comme indice ? Ces rêves d'antan qui n'appartiennent qu'aux revenants, ils ont fait leur office mais t'as fait quoi de leur sacrifice ? Seulement du vent et de la poussière, et à moi au fond de la souricière pour quelques délices tu me laisses quoi dans le calice ?

Toi tu nous bouffes, la nuit quand on dort dans nos draps, le jour même quand on est mort dans tes bras. Ces vers qui nous rongent. Qui triturent les idées et se repaissent de nos corps. Qui toujours demandent encore, sauf quand c'est eux tu dévores. Ces vers qui sonnent et qui résonnent, échos perdus dans nos cervelles que tes ombres avalent. Et celui qui raisonne avec le verbe et les maux, c'est avec quel verre que tu tues ses insomnies ?

C'est quand que t'arrête tes sauts ? Hier était un demain, et demain sera bientôt un hier. Tu bouffes nos existences, sans même t'en apercevoir. Nos enfants seront déjà vieux que de nos souvenirs il n'en restera plus que pour les yeux. Des mots couchés sur le papier ou cachés dans un coin d'une clef USB. Témoignages de qui on était. Pour qui ? Pour quoi ? Vas y dis moi pourquoi tu nous fais ça ? Quelle fatalité absurde ? C'est pas elle qui nous absout mais bien toi qui nous dissous.

Regarde vers le ciel, l'azur rongé de blancs, du coton dans ta cervelle. Plus d'échos, plus de vers, le froid, la neige, t'as tout nettoyé à la javelle. Le vide et le plein. Le bleu de l'infini que même Yves Klein n'a pas su trouver, regarde il est juste là, à la portée de tes doigts. Et tout ce blanc si vide de nos vies que tu peints. Vas y regarde ce plein, pose tes pieds dessus, c'est sûr les nuages c'est solide, ils nous empêcheront de tomber dans le ciel, on est pas des bolides.

Et puis j'ai vu ces oiseaux sans ailes, loin en haut au dessus des étoiles. Je les ai cherché au fond des océans, et toi je t'ai cherché parmi les poissons. Mais trop saoulé par l'esprit salin je n'y ai trouvé que des algues et du chagrin. Et puis en creusant encore un peu plus, j'ai retrouvé ta trace, du sable partout. Du sable, du sel, du bleu et des vers c'est donc tout ce que t'as à nous souffrir ?

C'est donc ça le secret de tes ombres ? On est tous sur le même navire et on sombre. Pose ta vie sur la feuille, écris y tes mots. Moi j'ai vu le soleil en plein automne. Mais pour me croire il n'y avait personne. Toutes ces feuilles dorées, ces souvenirs passés. Tombant en virevoltant, la mort d'un avant. L'été est passé, la chaleur s'est évanouie. Et tu toi tu continues sur ta route. Semant les feuilles et les cercueils, jamais tu ne doutes ?

Et ces nuits blanches qui sont si noires, c'est pour noyer ceux qui n'ont pas de branchies quand ils sombrent? A quelle cadence tu avances, je n'ai même plus le temps de prendre des notes, je les égraine moi aussi à présent. C'était facile mais le soleil s'est endormi, ça m'a mis à l'arrêt.

Encore une nuit de perdue et le sommeil qui me fuit. Il n'y aura jamais d'avant, jamais d'après. Toujours du maintenant. Un vague souvenir au fil de l'eau. Et j'ai beau écumer, moi aussi je me perds sur ces roulis. Je tangue et je me noie. Et le froid me pénètre dans cette maison sans fenêtre. Avec ces ombres pleines de lumière c'est comme ça que j'écris, c'est comme ça que je crie : "Dis moi toi l'enfant, de quoi as-tu peur ?"
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MessagePosté le: Jeu 21 Nov - 02:57 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Phénix 'ODF' D
Chicken in Fire


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MessagePosté le: Sam 23 Nov - 00:18 (2013)    Sujet du message: Dis moi toi l'enfant, de quoi as-tu peur ? Répondre en citant

...



Whoaw...


Alors, si ça c'est pas un texte puissant, je ne sais pas ce que c'est.

Tu l'as écrit en combien de temps? Et c'est une histoire personnelle ou un coup de gueule envers tes peurs?

'Tout cas, chapeau. C'est bien écrit, c'est puissant, c'est vif, c'est... magnifique.
_________________

Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

Citation:
21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:17 (2017)    Sujet du message: Dis moi toi l'enfant, de quoi as-tu peur ?

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