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Carnet de Noël de la GBF

 
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Phénix 'ODF' D
Chicken in Fire


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MessagePosté le: Mar 17 Déc - 16:39 (2013)    Sujet du message: Carnet de Noël de la GBF Répondre en citant

Oh ! Oh ! Oh !

Bonjour les enfants ! C'est moi, le Père Noël !
... Non, pas celui de Coca-cola, bande de crétins, le vrai Père Noël, celui qui provient des esprits de tous ici présents!

Vous savez, les enfants, il existe bon nombre d'histoires sur Noël, des belles, des moins belles, avec des cadeaux ou même sans cadeaux ! Le but est tout simplement de partager l'esprit de Noël!

C'est pourquoi je vous propose de notifier ici toutes les histoires sur Noël qui vous passent par la tête ! Allez-y, lâchez-vous, c'est bientôt Noël ! Ce serait bête de gâcher notre plaisir !



Bon plus sérieusement, on a tous déjà entendu au moins une fois un conte de Noël. Ou inventé un conte de Noël. Ou une histoire sur Noël. Enfin vous m'avez compris. Et plutôt que de créer vingt mille sujet là-dessus, j'ai préféré en créer un général, comme ça pas de perte inutile.

J'en ai déjà deux de prêts, je les posterai le soir de Noël. Parce que faut pas déconner quand même.
_________________

Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

Citation:
21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien
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MessagePosté le: Mar 17 Déc - 16:39 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Phénix 'ODF' D
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MessagePosté le: Mer 25 Déc - 18:00 (2013)    Sujet du message: Carnet de Noël de la GBF Répondre en citant

- Le Noël de Mr. Grungry -



Il était une fois, dans une France moderne, un homme très âgé, qui s’appelait Mr. Sterry Hungry. Mais tout le monde en ville l’appelait « Mr. Grungry », car tous connaissaient son impitoyable caractère acariâtre et radin. Il était bijoutier, et ses employés étaient tous, sans exception, littéralement surexploités. Ils travaillaient de huit heures au matin jusqu’à vingt-deux heures au soir, avec une petite pause d’une demi-heure à midi. Cet horaire là, du lundi au samedi. Le dimanche était fermé, car Mr. Grungry ne se levait pas le dimanche. Personne n’osait râler car, en ce temps là, trouver un métier était une chose rare, et personne ne voulait être mis à la porte. Mais si seulement leurs salaires étaient à la hauteur de leur travail ! Ils ne gagnaient même pas le quart de ce que leur patron s’offrait comme salaire ! Mr. Grungry s’accaparait les trois quart des recettes de la journée, et laissait le reste à ses dix employés. Pour eux, ils avaient à peine de quoi terminer le mois.
Ce soir là, pourtant, était une soirée quelque peu spéciale. Nous sommes le 24 décembre, veille de la Noël. Bien évidemment, Mr. Grungry n’avait pas accordé de congé ce jour là. Pire, il avait rallongé la journée d’une heure au matin, car pour lui, cette fête était celle qu’il détestait le plus. Il se montrait d’autan plus colérique, et était très souvent à deux doigts de porter la main sur ses employés pour des ventes trop faible selon lui, mais que tout joaillier normal envierait la bave aux lèvres. Pourtant, juste avant de fermer boutique, alors que tous ses employés étaient sensés avoir quitté les lieux (ce qu’ils faisaient avec plaisir chaque soir), l’un d’entre eux était resté. Il s’agissait du jeune Mr. Noel, dernier entré dans la boutique de Mr. Grungry. C’était un jeune homme très sympathique, toujours convivial avec des clients parfois stupéfait de trouver quelqu’un comme lui, dans une boutique avec une telle atmosphère de travail. Il prenait très à cœur son boulot, et ne rechignait devant aucune tâche.
Grungry, très étonné de trouver quelqu’un l’attendant à la sortie de son bureau (où il s’enfermait chaque matin et n’en ressortait chaque soir pour faire le compte des recettes. Bien évidemment, aucun employé n’était autorisé à quitter le magasin pendant cette longue activité, sous peine de licenciement). Il demanda, l’air grincheux :

-Quoi, Troel ? Qu’es-ce vous voulez ?

-Euh, monsieur… C’est Noel, mon nom…

-Oui, bon ! Se fâcha-t-il, battant l’air de ses bras. Qu’es-ce qu’il y a ?

-Oui… Voilà… Commença-t-il, un peu inquiet… J’aurai aimé savoir… enfin… Ce soir, comme vous le savez, c’est Noël… et…

-Quoi ? Une augmentation ?!

-Non, non, non, ce n’est pas ça… Mon salaire est très bien telle qu’il est… m’enfin…

-Alors dépêchez-vous un peu ! Râla-t-il. Je dois rentrer nourrir Castor, mon chat.

-Voilà… Puisque ce soir c’est la nuit de Noël… J’aurai aimé savoir si… si demain… je pourrais… rester chez moi…

-Quoi ? Dit-il, avec une telle puissance dans la voix qu’il était sur le point de crier.

-Oui… rester chez moi… avec ma famille… Pour Noël…


Mr. Grungry devint rouge au visage, ce que tous, à sa boutique, avait appris à interpréter comme un signal d’alarme.


-Es-ce que, gronda-t-il, je vous ais octroyé congé aujourd’hui, Rouelle ?

-Noel, monsieur… Non, monsieur…

-Alors, pourquoi le ferai-je donc demain ? Où est la différence ?

-Eh bien… c’est-à-dire que… ma femme…

-Quoi, votre femme ? Crachez le morceau, Trouillel !

-Ma femme… est enceinte… et elle aurait aimé…

-Mais qu’es-ce que j’en ai à faire, que votre femme est enceinte ! Ce n’est pas mes oignons, et de ce fait, ce n’est pas une raison pour vous octroyer des congés comme ça, à tire larigot. Pas de congé demain, Mouillel. Rendez-vous ici même, à huit heures. Et ne soyez pas en retard !

Et là-dessus, il s’en fut, laissant le jeune Noel frigorifié par la neige tombante, l’air très déçu de ne pas avoir eu de congé de Noël.

Mr. Grungry habitait deux rues plus loin, dans une riche maison de rangée, haute de six étages et pouvant habiter pas moins de quinze personnes. Mais pourtant, il vivait seul, en compagnie de son chat Castor. Depuis que sa femme est décédée à la fête de Noël, il y a de cela vingt ans, Mr. Grungry n’avait plus du tout été le même. Il s’était renfermé sur lui-même, obsédé par l’argent et son chat, qu’il choyait comme sa femme. C’est-à-dire que, quand il rentra chez lui, ce soir-là, et que son chat vint à lui en miaulant, il s’en empara dans ses bras et le couvrit de baiser affectueux, caressant son dos, gratouillant ses oreilles, flattant sa tête, lui murmurant des mots doux à l’oreille. Il le redéposa sur le grand canapé bleu, que sa femme avait tant insisté pour avoir, et qu’il laissait maintenant pour son chat. Il enfila son pyjama blanc à rayure bleue, mit son peignoir couleur bordeaux, bien chaud, qu’il ferma bien fort, pour se protéger du froid, et alluma un bon feu dans la cheminée. Il s’était assis que depuis dix minutes qu’on frappa à sa porte.
Râlant à haute voix et sans cacher sa mauvaise humeur, il alla ouvrir la porte. Il s’agissait d’un vieil homme tout crasseux, frigorifié, les doigts bleus, qui quémandait la bonté de Noël et un bon lit chaud. Claquant la porte, Mr. Grungry hurla qu’il n’avait pas que ça à faire, d’accueillir les gueux de Paris. Il retourna s’asseoir à son fauteuil confortable, juste devant le feu, et jeta un coup d’œil à sa pendule. 22h45.
C’est à ce moment-là qu’il se produit quelque chose d’étrange. À cette époque, les fenêtres étaient à deux battants, qu’on ouvrait avec un simple loquet assez fragile. À cet instant, le loquet, rouillé, de sa fenêtre sauta sous la force d’un coup de vent trop puissant pour la pauvre fenêtre, qui claqua contre les murs. Surpris, Grungry lâcha son livre, et Castor le chat s’enfuit en courant et crachant. Il allait se lever pour refermer la fenêtre quand une voix puissante tonna :

-Reste assis, Grungry ! Moi, l’Esprit de Noël, ait à te parler !

Une bourrasque de neige déferla dans la pièce, éteignant les flammes ronflantes du feu de bois. Une forme se dessina dans la bourrasque de flocons. Un jeune homme, dans la trentaine, apparut, formé essentiellement de flocons de neige. Il avait, selon Grungry, la carrure et le visage de son employé Noel. Mais il n’eut pas le temps d’y réfléchir. Le spectre ouvrit la bouche, et la même voix puissante parla :

-Alphonse Bartholomée Grungry… Je suis l’Esprit de Noël. L’Esprit des gens heureux, de la bonne humeur et de la joie. Mais ce que j’ai à te dire n’a rien de réjouissant. Tu t’es rendu coupable de méfaits anti-Noël, et cela, je ne peux l’accepter.

Grungry, pas impressionné du tout par l’esprit, se leva et le pointa du doigt :

-De quoi vient-tu m’accuser, « esprit » ? Tu ne crois pas que d’autres sont plus à plaindre que moi ? Je ne fais que mon travail de joaillier, et je le fais honnêtement ! Mes employés sont bien payés, ils vivent décemment, et rentrent à chaque fois le sourire aux lèvres. Alors, garde tes accusations pour toi !

-Tu OSE, tonna-t-il, faisant tomber le vieil homme dans son fauteuil, tu OSE dire que tu n’es pas à plaindre ? Tu OSE dire que tes employés sont bien payés ? Tu OSE te dire « honnête » ? Soit !

La tempête de neige reprit de plus belle, et le froid de la pièce s’intensifia encore plus. Il sembla au vieil homme que le froid s’insinuait en lui, gelant son sang et fragilisant ses os. Il entendit dans sa tête : « Ce soir, tu recevras la visite de trois autres Esprits de Noël. Trois Esprits, qui te feront voir ce qu’es réellement l’honnêteté, la gentillesse, l’altruisme, et toute ces valeurs que tu n’as pas. Tu voyageras avec eux, de ton plein gré ou non. Tu ne peux échapper à l’Esprit de Noël, Grungry ! Ce soir, à 23h15, le premier Esprit sonnera trois coups ! Sois prêt ! » Et il s’endormit.
Quand il se réveilla, le feu brûlait dans sa cheminée, ses flammes encore plus vive qu’avant. Inquiet, il jeta un coup d’œil à sa pendule. 22h46. Il en fut très surpris. Il lui avait pourtant semblé avoir dormi plus de dix heures d’affilée. Se rappelant soudain que sa fenêtre était cassé, il se précipita vers elle, s’empêtrant dans son peignoir, et tâta le loquet.
Rien. Pas une trace de neige, ni de rouille. La fenêtre était comme neuve.
Grungry recula lentement, trébuchant sur Castor qui s’enfuit en crachant. Il n’était pourtant pas encore sot. Il se souvenait parfaitement de ce que ce… prétendu esprit avait dit, quand même ! Il avait osé lui crier dessus ! Osé remettre en doute le bienfondé de ses actions en tant que patron de la bijouterie ! Quel culot !
Il en ruminait tant qu’il ne vit pas l’heure passer, et 23h15 arriva plus vite qu’il ne le crut. Il était alors occupé de lire son livre, Castor sur ses genoux. Le chat, ayant pourtant retrouvé son calme, planta soudain ses griffes dans les genoux de son maître, ses poils hérissés montrant qu’il fut soudain effrayé par quelque chose. Et les trois coups de 23h15 sonnèrent, des coups de gong puissants, mais qui n’ébruitèrent que dans la maison. C’est alors qu’une jeune silhouette apparut d’entre les flammes ronflantes du feu, éteignant celle-ci par la même occasion. C’était un petit garçon âgé d’au moins huit ans, vêtu d’une tunique rouge en lin plus vive qu’aucun rouge de l’époque. Il portait un pantalon de la même matière et la même couleur. Il avait de longs cheveux noirs, des yeux entièrement noir, et un éternel sourire d’enfant brillait sur son visage.
Grungry, terrifié, balbutia :

-Qu… qui es-tu ? Qui es-tu, et que fais-tu chez moi ? Sors d’ici !

L’enfant sourit de plus belle :

-Allons ! L’Esprit de Noël n’a-t-il pas dit qui j’étais ?

Et il éclata d’un rire cristallin, qui eut pour effet de glacer le sang de Grungry. Il se leva, et l’enfant avança vers lui avec un regard pétillant :

-Je suis l’Esprit de Noël Passé, celui qui est révolu, mais qui pourtant reviens, toujours différent, et chaque fois unique.

Grungry ne s’en rendit pas compte, mais dès qu’il entendit cela, il se calma d’un seul coup.

-Viens, donne-moi la main, Alphonse, dit-il en lui tendant sa petite main douce d’enfant. Je vais te montrer quelque chose.

Le vieil homme, sous il-ne-savait quelle emprise, tendit sa main et attrapa les petits doigts de l’esprit. Aussitôt, les contours de sa maison disparurent, remplacé par celle d’une nuit noire, éclairée par les étoiles et la Lune.

-Reconnais-tu cette endroit, Alphonse ? Demanda l’enfant avec douceur.

-N… non, dit-il, scrutant le paysage.

L’enfant se mit sur la pointe des pieds et souffla sur son visage. Puis il dit :

-Et maintenant, que vois-tu ?

C’était comme si le souffle de l’esprit avait chassé une brume qui embuait les yeux de Grungry. À présent, il voyait plus que la nuit et les étoiles, il voyait aussi une petite ville, mais une ville bien différente du Paris qu’il connaissait. Il s’agissait d’un village rustique, dont chaque bâtiment était cubique, fait de terre et de bois. Les fenêtres n’avaient ni vitre, ni volets, juste un trou noir dans le mur. Les bâtiments étaient tous petits, par rapport aux immeubles de Paris, mais il y avait quand même une ou deux maisons qui étaient plus haute que les autres. Grungry posa un regard interrogateur sur l’enfant et lui dit :

-Où sommes-nous ? Réponds, esprit !

-N’as-tu donc pas compris, Alphonse ? Demanda-t-il, sans la moindre brusquerie. Regarde donc là-bas. Ça va devenir intéressant dans quelques secondes.

Il pointa du doigt un point de lumière, de l’autre côté de la ville. Quand Grungry tourna la tête pour voir ce que montrait l’esprit, ils s’y retrouvèrent téléportés.
Il s’agissait d’une petite étable très rudimentaire, constitué de deux boxes en bois. Dans le premier, il y avait quelques animaux, notamment un bœuf et un âne, observant attentivement ce qui se passait dans l’autre box. Dans le second, il y avait une mère, dont le visage semblait souffrant, se tenant le ventre. Il y avait aussi un homme qui tenait la main de la femme. Soudain, elle eut une douleur insupportable, et l’homme se mit devant elle, entre ses jambes.
L’enfant se tourna soudain vers Grungry, et lui demanda :

-Comprends-tu ce qui se passe, dans cette étable ?

Grungry se tourna vers l’enfant, et afficha un visage mêlant compassion et incompréhension.

-Il va y avoir une naissance…

-Mais sais-tu qui va naître ?

-Non…

L’enfant sourit, du même sourire qui effrayait tant Grungry il y a quelques minutes – ou quelques heures, il ne savait déjà plus.

-Allons ! Réfléchit ! Tu sais très bien qui va naître, mais tu ne veux pas l’avouer !

Ils se retournèrent vers l’étable, ainsi que la mère qui, souffrante, donna naissance à un petit garçon. Grungry trouvait que ce petit bébé avait l’air bien maigrichon, par rapport aux enfants de Paris.

-Je vais accélérer le temps, pour que tu comprennes…

Il tendit la main, et une sphère lumineuse y apparut, formée de milliers de fils de lumières entrelacés les uns dans les autres. Aussitôt que la boule apparut, ses fils semblèrent tourner les uns entre les autres beaucoup plus vite, et le temps sembla courir tout autour d’eux, rendant les bâtiments, les gens, les animaux et les mouvements plus flous, sauf pour Grungry et l’esprit. Soudain, le temps reprit son cours normal, et le vieil homme frotta ses yeux pour effacer les traces de l’accélération du temps.
Trois bergers avaient soudain faits leurs apparitions autour de la mère heureuse. Ils étaient comme admiratifs, serrèrent chaleureusement la main du père, embrassèrent la mère sur la joue et firent une chose que Grungry trouva très embarrassant : Ils se prosternèrent devant le nouveau né et le louèrent.
Pour la troisième fois, l’enfant se tourna vers lui et lui demanda :

-Et maintenant, Alphonse ? Ton esprit s’est-il éclairé ?

-Je… je crois savoir qui… Mais accélère encore le temps, esprit, j’aimerai m’en assurer.

L’Esprit tendit donc à nouveau sa main, la boule de fils réapparut et le monde autour d’eux redevint flou. Quand le temps reprit de nouveau son cours normal, les bergers avaient disparu, remplacé par trois amples silhouettes vêtus d’habits chatoyant, que Grungry prit d’abord pour des gens de cirque. Il se rendit compte juste après qu’il s’agissait en fait d’hommes trapus, habillés de longues toges aux couleurs vives et chatoyantes, faisant tache avec la misère des deux parents.
Et quand Grungry vit ces trois silhouettes, son visage s’éclaira enfin.

-Je… je sais ! J’ai compris ! Arrête le temps, Esprit !

L’enfant s’exécuta, sans se formaliser du ton très autoritaire de la demande.

-Il s’agit de la naissance du christ, c’est bien cela ? Du Fils de Dieu ?

Enfin, le visage de l’enfant se fendit en un large sourire, prouvant qu’il était fier de lui.

-Effectivement, il s’agit bel et bien de lui. Nous sommes ici à la naissance de Jésus. La naissance sacrée, que les hommes appelleront bien plus tard « La Fête de Noël ». Sais-tu pourquoi je te montre cela, Alphonse ?

-Non, esprit, et j’aimerai rentrer chez moi !

-Car le Christ est la personne la plus généreuse, la plus altruiste, et la plus admirée de tous les temps, passés ou futur. C’est grâce à lui que le monde peut, aujourd’hui, fêter Noël. Ce jour sonne donc comme une perpétuelle nouvelle naissance de Jésus. Accueillir ce sans-abri chez toi aurait été un premier pas sur le chemin du Seigneur, Alphonse. Un chemin bien plus apaisant que celui de la colère et de l’argent.

Soudain, le décor disparut, laissant place au salon de Grungry. Lui se tenait devant son fauteuil, l’enfant devant le feu. Il eut un grand sourire et fixait toujours Grungry.

-Je vais devoir y aller, le prochain Esprit ne va pas tarder à arriver. Vers 23h30, si mes souvenirs sont bons…

Le jeune enfant allait s’en retourner par le feu au bois que Grungry s’exclama en tendant la main :

-Attends, esprit ! J’ai une question !

-Oui ?

-Puisque tu peux remonter le temps, sais-tu ce qui est advenu de la mère, de Marie ? De Joseph ? Et de ces bergers ? Réponds-moi, esprit ! C’est important pour moi !

L’enfant s’arrêta, son pied tendu entre les flammes. Il était de dos par rapport au vieil homme, mais il lui sembla voir un tremblement secouant son corps. Puis il tourna la tête, et l’horreur affiché sur son visage fut ce qui marqua le plus Grungry durant la visite de l’Esprit de Noël Passé.

-Ne demande jamais… à un esprit… de dire ce qu’il ne lui est pas autorisé à dévoiler…

Et il disparut entre les flammes. Marqué par la terreur de l’esprit, Grungry s’effondra sur son siège, jetant un coup d’œil en vitesse à sa pendule. 23h16. Dans 14 minutes, un nouvel esprit allait arriver, mais Grungry en avait déjà assez de ces tours de magie. Il se leva péniblement et traîna les pieds vers son lit. Décidément, cette fête de Noël était la pire qu’il n’ait jamais vécu.
Il se coucha et ferma les yeux, mais ne se sentit pas dormir. Juste planer, vaguement, au loin. Et à l’instant où le sommeil allait s’emparer de ses rêves, qu’il apercevait un soleil levant au loin, sur une falaise, que la chaleur des rayons le frappait au visage, et que sa femme apparaissait miraculeusement au loin, qu’elle s’approchait de lui en tendant le cou pour lui souffler un baiser à l’oreille…
Juste à ce moment là, il y eut six bruits de « gong ! » monumental qui sonna à ses oreilles, et une voix grasse, ventrue, sonore, résonna à ses oreilles :

-Allez, Grungry ! Debout ! Il est l’heure de se lever ! Il est 23h30 !

Le vieil homme se leva en sursaut, poussant un effroyable hurlement de terreur, agrippant son vieux cœur d’une main et mettant l’autre en visière. Car une chaude lumière envahissait sa chambre habituellement sombre. Il rabattit ses couettes devant lui, l’humeur très mauvaise, et hurla :

-Où es-tu, esprit de malheur ? Ça te va bien, de réveiller un vieil homme dans son sommeil ?!

-Ho ! Ho ! Ho ! Ho ! Pourquoi une telle hargne dès le réveil, Grungry ? Tu ne sais pas que la colère est mauvaise pour la santé ?

La même voix avait retentit, forte, chaleureuse, mais très désagréable pour Grungry, qui ne supportait pas les voix franches comme celle-ci. Malgré tout, un détail l’interpella : Pourquoi cette voix venait du ciel? Il leva la tête, et fut très surpris de trouver un visage d’homme roux, barbu, avec une couronne de laurier au sommet du crâne ; le fixant avec un regard bon enfant. Grungry se rendit compte, alors, que l’esprit était si grand qu’il devait se tenir assis pour entrer dans la pièce et malgré tout, encore courber la tête pour ne pas être gêné par le plafond.

-Tu es un esprit de Noël, toi aussi ? Demanda Grungry.

-Oh que oui. Je suis l’Esprit du Noël Présent, le Noël instantané, qui prend source à l’instant pour se terminer immédiatement, un Noël insaisissable, et en même temps immortel.

-Et pourquoi es-tu là, Esprit ? Qui vas-tu me montrer ?

L’esprit éclata de rire, si bien que cela énerva Grungry au plus haut point.

-Tu ne le sais pas ? Qui pourrais-je bien te montrer, maintenant, que tu côtoies chaque jour à ta boutique, et qui a demandé à être en congé demain, pour justement profiter de ce qui ne se reproduit qu’une fois par an ?

La réponse lui vint plus vite qu’il ne l’aurait cru.

-Noel…

-Exactement ! Alors, allons-y !

Et en un instant, lui et l’esprit géant se retrouvèrent téléportés dans le Paris que Grungry ne connaissait pas, et pour cause : il s’agissait du vieux Paris, le Paris des pauvres et des démunis, qui ne peuvent s’acheter mieux qu’un simple taudis en brique. Ici, il faisait aussi sombre que comme dans un four, mais l’esprit dégageait une lumière que Grungry était seul bénéficiaire. Le vieil homme tourna les yeux à droite, puis à gauche, et leva la tête vers celle barbue de l’esprit :

-Où sommes-nous ?

L’esprit prit un air très étonné.

-Tu ne le sais pas ?

-Non. Je croyais que nous devions nous rendre chez Noel, mais apparemment, tu m’as trompé, esprit.

-Mais regarde à l’intérieur, sombre idiot, et vois si je t’ai trompé ! Nous sommes chez ton employé Noel, que son maigre salaire oblige à vivre ici ! Regarde !

Grungry colla la tête devant la vitre, mais ne vit rien. Seulement des ombres et des couvertures enchevêtrés les unes sur les autres.

-Je ne vois rien.

L’esprit fit donc passer son doigt à travers la fenêtre comme s’il n’y avait pas de vitre, et déposa une boule de lumière. Les habitants ne s’en rendirent pas compte, mais Grungry vit très bien que la famille Noel était pauvre comme le mendiant venu le voir, plus tôt dans la soirée. Il s’en étonna, car Noel était l’employé le mieux vêtu et le plus en avance sur tous ses employés. Il en fut presque choqué de le voir lui, dans un pyjama miteux, déchiré, enroulé dans une couverture de laine humide, semblant attendre quelque chose.

-Ce n’est pas l’employé que je connais, dit-il à l’esprit, se tenant derrière lui (il lui sembla qu’il était légèrement plus petit, mais il n’en prit pas conscience). Le Noel que je vois chaque jour au magasin est toujours ponctuel, toujours bien habillé, et toujours le plus poli.

-Ça, dit l’esprit, c’est ce que tes yeux de joaillier voient. Mais es-ce que tes yeux d’hommes se sont, ne serait-ce qu’une seule fois, posé sur lui ? As-tu seulement pensé à lui demander si tout allait bien chez lui ? S’il ne lui manquait rien ? Comme la lumière, par exemple ?

S’il parlait de l’éclairage, ce n’était pas par hasard. Une petite fille sortit de la maison, vêtu légèrement, vu la neige qui tombait à gros flocons depuis un mois. Elle s’en alla en courant, et l’esprit la suivit en flottant. Il emmenait Grungry avec lui, bien que celui-ci aurait aimé rester à la fenêtre de la maison.
La petite fille courait sur la neige comme l’esprit et Grungry flottait sur celle-ci. Il sembla à Grungry qu’elle traversa toute la ville en un rien de temps pour atteindre une vieille boutique miteuse, qui était la seule encore ouverte. Ce n’était même pas une vraie boutique. Cela ressemblait plus à une simple roulotte. La petite fille frappa à la porte, et la dame qui en sortit semblait aussi vieille que Grungry. Mais le sourire qui s’afficha sur son visage, fendant chacune de ses longues rides, la rajeunit de plusieurs années. Elle tendit à la petite une paire d’allumette, ainsi qu’un paquet de bougie, et l’embrassa l’enfant avant qu’elle ne parte. Elle effectua le trajet du retour avec un sourire qui valait tout l’or du monde, pensa Grungry, ce qui fit sourire l’esprit. Elle rentra chez elle toute mouillée de neige, mais fut accueilli des plus chaleureusement par Noel, en qui Grungry reconnut son employé modèle. Cela stupéfia Grungry.

-Non… C’est réellement… Noel… ?

-Eh oui, murmura l’esprit, et ce fut à cet instant que Grungry remarqua que l’esprit avait perdu un peu de chaleur dans sa voix. Ton fidèle employé Noel se bat avec ardeur pour qu’il puisse faire vivre toute sa famille. Ta bijouterie est réputée dans tout Paris, pour être l’une des meilleurs, alors il pensait obtenir un très bon salaire pour sa femme, sa fille et son fils. Malheureusement, il a fallut que tu sois aussi radin…

Grungry ne se formalisa pas sur ce terme, alors qu’avant, il n’aurait pas supporté se faire traiter de radin. Mais la magie de l’esprit opérait, et Grungry écouta sans rien dire.

-… Et que les temps soient trop durs pour pouvoir changer de métier ainsi. Il a donc décidé de se battre, d’être toujours à l’heure, d’être toujours le mieux habillé, mais aussi d’être le plus agréable, le plus poli, le plus amical possible, que ce soit avec ses collègues, avec toi, Grungry, ou avec les clients, pour un jour être remarqué par son patron et espérer ainsi toucher une promotion.

-Une promotion !

-Oui, Grungry, une promotion. De l’argent supplémentaire, pour réaliser les projets que lui et sa famille auraient voulus réaliser.

Ils entrèrent soudainement dans la maison, cette fois éclairée de quelques bougies. Mais ces bougies ressemblaient plutôt à une grande flamme, comparée au reste de la pièce. Grungry remarqua que l’esprit pouvait se tenir droit dans cette pièce, alors qu’avant, il devait être assis tête courbée pour entrer dans la vaste chambre du vieil homme. Mais l’esprit n’en tint cure, et pointa la femme du doigt :

-Elle, c’est Eva Noel. Elle n’a que 38 ans, pourtant son visage semble en afficher vingt de plus. Elle souhaite partir à la mer, revenir dans sa ville côtière natale, là où Noel l’a rencontré, et d’où ils sont partis vers Paris pour avoir une meilleur vie. Elle veut également avoir de nouvelles robes, ainsi que quelques pierres précieuses, à se mettre autour du cou. Elle souhaite également participer à des galas, à des soirées, à des évènements,… Bref, avoir une vie de femme !

L’esprit pointa ensuite le fils, collé contre sa mère.

-Lui, c’est Ernest. Il n’a que huit ans, mais il rêve déjà d’aventure dans des contrées lointaines. Il aimerait beaucoup aller à l’école, apprendre de nouveaux noms de pays, parler de multiples langues. Malheureusement, son père n’est pas assez riche que pour payer un précepteur. Pourtant, je crois qu’il ferait un homme politique important et influent, s’il avait une meilleure éducation.

Il s’approcha ensuite de la petite fille, blottie contre le torse de son père. Grungry, à mesure qu’il l’écoutait parler, remarquait qu’il blanchissait rapidement de cheveux, comme s’il vieillissait à vitesse grand V.

-Elle, c’est Léa. C’est la plus chétive de la famille. Elle est malade, d’une maladie incurable. Mais pourtant, pour que ses parents et son frère aient un peu de lumière, chaque soir, elle va voir la vieille Germaine, celle de la roulotte, pour avoir quelques allumettes et une ou deux bougies. Pourtant, c’est elle qui rêve le plus, et de tellement de chose que je ne saurais toutes te les dires.

Grungry sentait que quelque chose lui compressait le cœur. Il ne saurait dire quoi, car c’était un sentiment nouveau qu’il lui faisait mal au cœur. Ce n’était pas de la tristesse, car il avait déjà été triste en perdant sa femme. C’était plutôt…

-… De la compassion, mélangée à de la pitié, dit l’esprit avec un sourire triste, quand Grungry lui posa la question. C’est bien. Tu commences à t’ouvrir. Nous allons donc pouvoir…

-Attends, esprit… J’ai encore quelques questions…

-Pose, mais sache que mon temps est presque écoulé.

-Tu m’as parlé des rêves de toute la famille de Noel. Mais lui, de quoi rêve-t-il ?

-Noel ne souhaite qu’une chose : que sa famille puisse vivre décemment, qu’ils aient tous de quoi manger le soir, et qu’ils soient heureux. Il n’a pas d’autres préoccupations que celle de sa famille.

Et avant que Grungry ait pu poser sa dernière question, l’esprit s’évanouit en poussière, laissant le vieil homme dans sa chambre, face à son lit, l’air hébété. Une voix résonna dans sa tête : « Dans 15 minutes, le dernier esprit viendra te rendre visite. Il s’agit de l’Esprit de Noël Futur, celui qui ne cesse d’être spéculé, mais qui n’arrive jamais vraiment quand on le souhaite. ».

Grungry ne chercha même pas à se recoucher. Il était sonné, perdu. Jamais il n’aurait pu imaginer que son meilleur employé vive ainsi une telle misère. Lui, Noel, qui était si aimable, si gentil… Grungry n’aurait jamais imaginé qu’il vive parmi les pauvres !

Hébété, triste, fatigué, il se dirigea de nouveau vers son fauteuil. Il s’y affala, les larmes étant sur le point de couler. Castor vint le voir, étonné de voir ainsi son maître. Grungry resta là, prostré, jetant de temps en temps un regard furtif vers la pendule.

Un quart d’heure après, elle afficha 23h45. À cet instant, toutes les sources de lumières s’éteignirent d’un seul coup, alors que neuf coups sourds sonnèrent, faisant sursauter Grungry. Il se mit debout, et attendit pesamment l’esprit. Mais celui n’apparut pas. Étonné, Grungry battit des paupières, et se retrouva soudainement face à une grande personne encagoulée. Il poussa un petit cri de terreur, ne s’attendant pas à voir quelqu’un surgir ainsi devant lui. Il demanda, encore sous le choc :

-Êtes… êtes-vous l’Esprit du Noël… Futur ?

Très lentement, la silhouette encagoulée fit « oui » de la tête.

-A… alors… Qu’allons-nous voir, cette fois-ci… ? Demanda Grungry, sentant déjà que, ce qu’il allait voir n’allait pas lui faire plaisir.

Pour toute réponse, l’esprit lui montra la porte du doigt. Grungry retint un cri, car ce doigt semblait être putréfié. Il était noir et rêche comme de la chaire pourrie.
Etonné par ce soudain changement d’atmosphère, Grungry fit quelques pas en direction de la porte. Il se retourna et fixa l’esprit d’un air interrogateur. Son drap noir empêchait quiconque de voir la moindre parcelle de peau, et ses chaussures en métal claquaient au sol. Grungry demanda à nouveau :
-Je dois franchir la porte ?
L’esprit inclina légèrement la tête.
Grungry attrapa donc la poignée de la porte, mais celle-ci s’ouvrit à la volée. Derrière, il n’y avait pas de cage d’escalier, comme dans sa maison, mais une plaine sombre, éclairée par la lumière du clair de lune, d’où se dressait des pierres noires. Ces pierres, disposées à intervalles réguliers sur plusieurs rangées, portaient sur elles, gravées en lettres blanches, des inscriptions illisibles. Mais Grungry comprit bien avant d’avoir pu déchiffrer ces mots, l’endroit où il se trouvait maintenant.
Il s’agissait d’un cimetière.
Il regarda derrière lui, et vit l’encadrement de sa porte, avec la porte ouverte. Mais il n’y avait plus trace de son salon, de son chat Castor, et de l’esprit d’ailleurs. Rien d’autre que le noir de la nuit. Il s’avança donc lentement entre les tombes, son peignoir traînant dans l’herbe mouillée. Il ne savait pas ce qu’il faisait ici, ni ce qu’il était sensé chercher. Il regardait le nom des tombes, lisait leurs dates de naissances et de décès, mais n’arrivait pas à comprendre de qui il s’agissait. Ce ne fut que quand il vit le nom de sa femme qu’il comprit que toutes ces personnes, enterrées ici même, étaient des gens qu’ils avaient tous les deux connus dans le passé.
La tombe de sa femme, Henriette, se trouvait sur un promontoire de terre et de cailloux. Elle se trouvait à côté de trois autres tombes, une à gauche d’elle et les deux autres à droite. Quand Grungry arriva au sommet et qu’il lut le nom de sa femme, il tomba à genoux. Les mots lui manquaient pour exprimer la douleur qui lui enserrait la poitrine. Il jeta un coup d’œil à la pierre tombale de gauche, et fut encore plus touchée quand il lut le nom de « Castor ». Castor, son propre chat, était enterré à côté de sa maîtresse. Les larmes coulèrent de ses yeux, roulant sur ses joues amaigries et ridées. Il lui fallu une bonne dose de courage pour oser regarder à droite. Et à ce moment là, ce fut vraiment le choc.
Sur la pierre tombale de droite, son propre nom était inscrit en lettres rouges. Alphonse Bartholomée Grungry. Juste en dessous, il y avait sa date de naissance, mais sa date de décès avait été effacée. Encore en dessous, une inscription : « Alphonse Grungry, l’homme qui fit mourir l’Esprit de Noël »
Cette fois, c’en fut de trop. S’arrachant les cheveux du crâne, il se leva, pleurant de toutes les larmes de son corps, et hurla au ciel, avec l’énergie du désespoir :

-C’est bon ! Vous avez gagné ! Je crois en la fête de Noël ! Dorénavant, je serais quelqu’un de bien ! J’aiderai tous le monde en ville, même les plus pauvres s’il le faut ! Mais par pitié, ramenez-moi chez moi ! Je promets de devenir quelqu’un de bien, à partir de cet instant !

Haletant, il fixa le ciel. Une minute. Deux minutes. Cinq minutes. Dix minutes. Toujours rien.

-Qu’es-ce qu’il vous faut de plus, que ma promesse ?! S’écria-t-il, les larmes ne cessant de couler. J’avoue… j’avoue ne pas avoir été quelqu’un de bien ! J’ai même été le pire des cancres ! J’ai… j’ai… j’ai fait du mal, à beaucoup de gens ! Mais je souhaite m’en repentir ! Laissez-moi cette chance ! Ne m’incombez pas la mort de Noël ! Je serais son bienfaiteur, son berger, son semeur ! Je serais tout ce qu’il faut, mais ne me jetez pas à la tombe tout de suite !

La respiration saccadée, il tomba à genoux et hurla au désespoir. Il repensa à sa mère, une femme stricte, mais aimante, qui l’avait toujours choyé ; il repensa à sa femme Henriette, une femme aimante, encore plus que sa mère, une femme cultivée, amoureuse, avec qui il n’avait de cesse de rire de tout et de rien ; il repensa à son chat Castor, que lui-même choyait trop. Il ne se rendit pas compte qu’au plus il pensait aux personnes pour qui il eut de l’affection, au plus le paysage aux alentours fondaient autour de lui, remplacé par sa chambre. Il continuait de penser tout en s’allongeant sur place, et les couvertures de son lit apparurent sur lui. Puis l’herbe mouillée fut remplacée par un matelas bien sec, bien moelleux. Et puis finalement, il s’endormit paisiblement. Pour la première fois en trente ans, il dormit comme un bébé. Tandis que les douze coups de minuit sonnaient dans toutes les maisons.
Par la suite, plus personne ne reconnut Mr. Grungry. Hier acariâtre, aujourd’hui le plus généreux de tous les hommes. Il rendit très tôt visite à la maison de Noel, une miche de pain toute fraîche et une dinde encore chaude sous le bras. Il festoya avec la famille Noel pendant longtemps, avant d’inviter le sans-abri qu’il avait vu hier soir, à dormir chez lui. Pour fêter sa bonne humeur, il ouvrit le magasin bien plus tard que prévu, et donna à toutes les femmes du quartier, Eva Noel la première, au moins un collier, une bague, un diadème, une montre et un saphir gratuitement. Sa générosité l’obligea à donner de la soupe gratuitement à tous ceux qui avaient faim et qui avaient froid. Ainsi Alphonse Grungry termina sa vie, en homme heureux et comblé d’avoir pu aider les autres, au moins une fois dans sa morne vie.

_________________

Phénix 'ODF' Dragon, le Samouraï du Soleil Levant, vous souhaite le bonsoir !

Citation:
21:36:58<Phénix 'ODF' D> ouais sinon mis à part qu'il a du succès au lit, pourquoi l'écuyer de Tyrion? il est pas un peu maladroit?
21:36:59<Naorim> 21:34:56@Phénix 'ODF' D: tu es fidèle et tu veux faire le bien
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:44 (2017)    Sujet du message: Carnet de Noël de la GBF

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